lundi 19 mars 2012

Après papa, maman, le 29 janvier 2012











maman, après la mort de papa, je ne pensais pas me retrouver si vite, ici, pour parler avec toi, 
mais c'est sans doute mieux comme ça...


la fin de ta vie a été bien difficile. Voici quelques années, tu as su te charger de Papa, frappé par la maladie, diminué dans son corps. Et puis ton coeur tellement sollicité, a fini par te lâcher. A la fin, peu à peu, ton esprit s'est perdu dans les brumes. Mais tu dormais mieux, tu étais plus tranquille. Pour finir tu as perdu pied, tu es tombée et, trop fatiguée, à bout de souffle, tu ne t'es plus relevée. Et tu t'en es allée, soulagée...


il y a quelques jours je regardais une photo de toi avec tes petites soquettes et tes belles anglaises. Tu étais une femme belle et vivante.Tu aimais nous voir bien mis. Il y avait les habits du dimanche et ceux de tous les jours. Tu nous lavais dans la cuvette, l'eau chauffait dans la lessiveuse. Repriser nos vêtements c'était ta façon à toi de nous montrer tes sentiments.Tu nous disais que la cuisine c'était pas ton truc. Je me souviens pourtant de la soupe de légumes, de la tarte aux pommes et à l'orange, de la bûche de Noël. les îles flottantes au milieu des pruneaux, pour moi c'était le sommet de la douceur.


tu avais peur de manquer, mais tu étais toujours prête à nous aider.
tournée vers les autres, tu avançais, quoiqu'il advienne. Tu aimais bouger, voir du monde et te sentir utile. Aller à Lourdes, toute vêtue de blanc, pour toi, c'était le bonheur. Parfois, Papa, le matin du départ, en tombait malade. Et toi tu restais... en colère.


ta porte était toujours ouverte, on ne te dérangeait jamais. Les crêpes du mercredi c'était devenu une institution, on se pressait au portillon. Curieuse, intéressée, tu voulais tout savoir, à propos de chacun. Les échanges étaient vifs, ta langue bien pendue et tes propos directs. Avec toi on ne s'ennuyait jamais, mais on pouvait parler de tout.


tu étais toujours à courir, à t'occuper, tu aimais bien trotter, tu ne savais pas t'arrêter. Tu étais le mouvement et la vie. Tu as été le coeur de ta famille. Papa en assurait les contours.


nos désaccords dans la vie ont été profonds et nos chemins bien différents. Tu as fini par l'accepter, l'amour est resté et puis la tendresse est venue. 



maintenant tu es partie, sur quelle route, je ne sais pas. Papa est juste devant. A ton allure tu l'auras vite rattrapé. Repose toi enfin, maman, on entretient le feu. Et merci pour tout! On t'aime si fort.
















Mon père est parti, 21 décembre 2O11

mon père
tu étais un homme fort, aux mains puissantes,
tu étais un homme public, tu n'aimais ni l'argent ni la politique, mais tu faisais tenir la boutique...
mon père
tu étais un homme pudique, tout dans la retenue, trop peut être et c'est mon regret,
tu étais un homme élégant et charmant, tu as plu à maman...
grâce à elle, grâce à toi, nous voici tous ici, une femme, cinq hommes et tout ce qui s'en suit
une famille, une grande famille, avec en prime, à la fin, la tendresse, beaucoup de tendresse.
Papa
la fin de ta vie a été tourmentée, aux côtés de maman, déboussolée, ce fut ton tour, enfin, de tenir le cap,
jusqu'au bout de tes forces, avec elle, dans ta maison,
puis tu as rendu les armes et tu es parti, sans bruit, dans la nuit...
A Noël, Papa, pour nous tu étais le bon dieu, alors notre père, s'il y a des cieux, prends soin de nous et tachons d'être heureux, ici, aujourdhui, et encore demain...
Cousk breman, Jean Salou, au revoir, Papa.