| A Chaumont sur Loire rencontre avec un graveuse dont la fille tient le restaurant contigu. |
lundi 18 octobre 2010
Rencontres en Europe, mai juin 2010
vendredi 15 octobre 2010
Le lumbago et la carte bancaire, mai juin 2010
Passau, à la frontière autrichienne, il est encore temps, soit de remonter plein nord vers Prague, ou alors de descendre plein sud vers Munich.
| des choses à ranger tous les jours |
Même camping, mais les cygnes sont sur l'eau, il manque un petit! la nuit n'a pas été très bonne à cause des ronfleurs, eh! oui une toile de tente c'est pas très épais! Au matin, comme tous les matins depuis plus d'un mois, lever, petit déjeuner, toilette, oui, oui! puis rituel du rangement et du chargement, chaque chose à sa place, n'est ce pas jean noël?
Je souris en le regardant, mi moqueur mi compatissant! je me penche en avant pour loger mon blouson dans la poche latérale de ma sacoche! La punition est immédiate, je me redresse coincé! comme le pauvre homme que je plaignais l'instant d'avant! entre hommes, solidaires !Le voyage s'arrête là! Sueur froide! je connais bien! Au début juste une raideur dans les mouvements et une heure plus tard, un bloc compact!
Vite à vélo! au bord de l'eau, tant que c'est encore chaud! je fais l'autruche et ça marche! j'arrive à pédaler, penché sur mon ouvrage, sans trop y penser. C'est dimanche, pas un médecin, pas une pharmacie! Lundi, ça va mieux, malgré les 80 k ms avalés la veille. Le soir bivouac de charme au bord du Danube. Mardi, aggravation! la fin du voyage se profile à nouveau. Heureusement les pharmacies sont ouvertes et je trouve du Voltarene , sans ordonnance. Je pédale toujours, c'est juste coton pour monter et descendre, mais je deviens malin, et ça marche! C'est pas confortable, mais on avance malgré tout. Mercredi : matin de tous les dangers. Je dors peu . Il fait chaud. La route est mauvaise. J'ai mal. Mais on roule. Je perds la route et Marie-Christine. Mais aujourd’hui, elle sait où nous allons. J'essaie de la joindre, en vain. On finit par se retrouver 15 k ms plus loin, un peu par hasard. Kelheim est un cul de sac, un morceau de chance, sinon! Nous devons poursuivre en ferry sur quelques kilomètres. En attendant, pause, café, biscuits, à l'ombre, confortablement assis dans un beau café.
Il nous reste peu d'argent, il est temps de se refaire. Ma carte bancaire est devenue précieuse depuis que Marie-christine s'est aperçu de l'oubli de la sienne... à vannes. Nous voyageons depuis plus d'un mois avec un seul moyen de paiement et nous avons découvert que partout il faut du liquide. Comme les retraits sont limités, ça risque d'être un peu serré surtout en cas d'imprévu. Il est 11h les banques sont ouvertes. Je me présente à l'automate, j'introduis ma carte, je fais le code 50.. Rien, code incorrect! J'ai du mal taper un chiffre! je recommence en m'appliquant: 50..A nouveau code incorrect! Ça se complique, je reprends ma carte et je reviens au paisible petit café, apprendre à ma dulcinée le drame qui se noue!
Elle me suggère d'essayer dans une autre banque, je devais avoir droit de nouveau à 3 essais. Et moi benêt, je m'exécute! Et je récidive! 50.. Carte avalée! Stupeur, je n'ose y croire. Comme pour la disparition du vélo! j'ai du mal à réaliser que nous sommes à une semaine au moins de la France, sans moyen de paiement avec 70 euros en poche! Je rejoins à nouveau ma tendre fiancée, toujours attablée dans son café. Au début elle refuse de me croire, et reste sans voix, ce qui n'est pas habituel chez elle! Racket aussi peut être cette fois?
Je sais alors et c'est lumineux: je ne peux compter que sur ma bonne étoile! Je retourne à la banque, un petit désespoir me chatouille gentiment, mais j'espère encore! L'employée du guichet me désillusionne brutalement, ils doivent récupérer la carte et la réexpédier à ma banque en France qui pourra me la réexpédier, après vérification! Tout cela en anglais, je fais des progrès prodigieux! C'est sans appel! Devant mon insistance désespérée, elle consent à appeler le Directeur. Un homme à peu près de mon âge se présente et me redit à peu près dans les mêmes termes, l'étendue de mon malheur.
Quelle solution, je lui demande? Aucune me répond il. Il s'enquiert de ma femme, je lui dis qu'elle est au café, elle aussi sans le sous. Des amis dans le pays? Pas encore mais si nous devons séjourner, sans aucun doute! Je ne dois pas avoir l'air bien vaillant, car petit à petit je sens que quelque chose se met à bouger au fond de cet homme! Et pourtant c'est impossible, impossible, impossible, m'a t il répété!
Et tout à coup ma carte est là dans sa main, et puis dans la mienne, "last chance", me lance t il, comme une bouée!J'en tremble et tout devient confus , je n'ai plus la moindre idée de ce qui a pu être mon code. J'inverse à tout hasard les malheureux chiffres qui surnagent encore et bien entendu, ma carte est à nouveau avalée par l'impitoyable automate.
Le banquier à l'air désolé, sincèrement et presque aussi malheureux que moi! Alors, avant de sombrer, du fond de ma détresse, je m'entend lui dire à mon tour: "last chance"! Il en est tellement surpris qu'il me répond "ok"! Interloqué, je n'y croyais pas, je n'ai pas pour autant retrouvé mes esprits! Je m'avance à nouveau vers l'automate, comme on va passer un examen mal préparé et je compose, parce qu'il faut bien composer quelque chose, une série de chiffres dont je suis intimement persuadé qu'ils ne sont pas les bons, et, sans illusion, j'attends le verdict de la machine!
Et là miracle, j'entends le cliquetis familier qui précède comme toujours la sortie des billets et le retour de la carte! Sauvé par le gong, heureux comme un enfant qui renaît à la vie, je saute au cou de cet homme et lui claque une bise sur la joue! Tout cela s'est déroulé en public, dans le hall de la banque, devant les employés et les clients. Ils viennent d'assister en direct à un petit drame moderne et quotidien! Un peu d'humanité a mis en échec la procédure! Les acteurs ont été bons, la pièce jouée un seule fois, le soleil est revenu... sur notre existence de voyageurs au long cours. je vais savourer pendant les heures qui vont suivre la lente remontée sur le fleuve.
A côté de nous un couple, à peu près dans nos âges, elle pimpante, lui tout cabossé, il ramasse les sardines, la main dans les reins en pliant précautionneusement les genoux! Pas facile, une sciatique, lorsqu'on voyage à vélo!
| les tours jumelles à Passau |
| si vélo plus possible, reste toujours le canotage |
| c'est d'avoir eu trop de goût pour les cerises que l'on s'est perdus |
Elle me suggère d'essayer dans une autre banque, je devais avoir droit de nouveau à 3 essais. Et moi benêt, je m'exécute! Et je récidive! 50.. Carte avalée! Stupeur, je n'ose y croire. Comme pour la disparition du vélo! j'ai du mal à réaliser que nous sommes à une semaine au moins de la France, sans moyen de paiement avec 70 euros en poche! Je rejoins à nouveau ma tendre fiancée, toujours attablée dans son café. Au début elle refuse de me croire, et reste sans voix, ce qui n'est pas habituel chez elle! Racket aussi peut être cette fois?
| banque de la dernière chance |
Je sais alors et c'est lumineux: je ne peux compter que sur ma bonne étoile! Je retourne à la banque, un petit désespoir me chatouille gentiment, mais j'espère encore! L'employée du guichet me désillusionne brutalement, ils doivent récupérer la carte et la réexpédier à ma banque en France qui pourra me la réexpédier, après vérification! Tout cela en anglais, je fais des progrès prodigieux! C'est sans appel! Devant mon insistance désespérée, elle consent à appeler le Directeur. Un homme à peu près de mon âge se présente et me redit à peu près dans les mêmes termes, l'étendue de mon malheur.
Quelle solution, je lui demande? Aucune me répond il. Il s'enquiert de ma femme, je lui dis qu'elle est au café, elle aussi sans le sous. Des amis dans le pays? Pas encore mais si nous devons séjourner, sans aucun doute! Je ne dois pas avoir l'air bien vaillant, car petit à petit je sens que quelque chose se met à bouger au fond de cet homme! Et pourtant c'est impossible, impossible, impossible, m'a t il répété!
| homme après l'épreuve |
Le banquier à l'air désolé, sincèrement et presque aussi malheureux que moi! Alors, avant de sombrer, du fond de ma détresse, je m'entend lui dire à mon tour: "last chance"! Il en est tellement surpris qu'il me répond "ok"! Interloqué, je n'y croyais pas, je n'ai pas pour autant retrouvé mes esprits! Je m'avance à nouveau vers l'automate, comme on va passer un examen mal préparé et je compose, parce qu'il faut bien composer quelque chose, une série de chiffres dont je suis intimement persuadé qu'ils ne sont pas les bons, et, sans illusion, j'attends le verdict de la machine!
| femme après l'épreuve vécue par l'homme |
jeudi 14 octobre 2010
Embrouilles dans le train pour Budapest, mai juin 2010
| ce qui est fait n'est plus à faire |
| Vélo qui gène en première |
Pas facile, sur le quai, nous devons forcer le passage devant la mauvaise volonté du contrôleur et celle du chef de gare qui s'en lave les mains.Nous nous installons en première classe près de nos vélos qui obstruent le passage, mais bien arrimés cependant.
| femme qui a crié en seconde |
| homme après l'épreuve |
Marie -Christine tais toi! le passage des douaniers a eu du bon, les esprits apaisés, finalement tout se calme, nous finirons même le voyage en 1ère classe " to look at your bikes". Et lorsque nous descendons enfin les vélos sur le quai, à Budapest, un franc geste de sympathie scelle cette rencontre tumultueuse.
| Budapest après la pluie |
Vélo envolé, on m'a volé mon vélo!
Giant sur la gauche, tout harnaché
J'aimais bien mon vieux vélo, déjà 4 voyages en sa compagnie. Giant était son nom, gris, un peu lourd, mais confortable avec sa fourche et sa tige de selle télescopiques. Une bonne selle avec un couvre selle en gel. J'ai les fesses un peu délicates et j'avais presque trouvé la solution avec cette configuration. La chaîne, les pignons, le changement de vitesses tout cela noyé ans la vieille graisse, ça grinçait bien un peu, mais un bon réglage avant le départ avait mis bon ordre à tout cela!
| le château de Melk, perché sur la falaise, magnifique |
Difficile de trouver un emplacement confortable pour poser la tente. Il fait froid, le vent souffle et la pluie s'installe. Nous finissons par arriver à Zwendendorf, petite ville à 80 kilomètres de Vienne. Encore beaucoup de monde au bord du Danube, on sort le réchaud, on cuit la soupe pour se réchauffer et attendre que la foule se dissipe.Toujours beaucoup de monde. Du coup on revient un peu en arrière, un chalet de bois, affecté aux services techniques du Danube, bordé d'un petit terrain herbu et tondu, conviendra, faute de mieux, un peu en vue cependant à mon goût, mais bon! Les vélos contre le chalet, vite au chaud, et le sommeil gagne sans attendre.
| le lieu du crime, revisité! |
Dans la nuit, vers 4 heures, j'entends un bruit, je pense qu'un des vélos, trop proche du mur vient de tomber, et je me rendors. A 7 heures je me réveille, je jette un oeil dehors, il pleut encore, le ciel est bas, le Danube gris et boueux. Pas engageant! Et je remarque à ce moment là que la cape qui recouvre les vélos tous les soirs traîne par terre. Et sous la cape, plus de vélo.
Au début je n' y crois pas, je cours partout et je dois me rendre à l'évidence! Mon vélo s'est envolé! celui de MC est toujours là, insolent de présence. Je rentre me mettre à l'abri, un petit peu du monde s'est effondré pour moi à l'instant! même plus de quoi ranger mon duvet, mes vêtements, mon matelas. Nous étions déjà sans maison depuis deux semaines, là c'est un peu de moi qui s'en va.
J'appelle l"assistance qui a du croire à une mauvaise plaisanterie, et qui n'a jamais rappelé! Abandon. Plus tard ma correspondante à l'assurance me réconfortera. Pour l'instant aucun plan de rechange ne se dessine! Deux idées s'imposent , continuer le voyage et porter plainte! Le commissariat est à 200 mètres.
| Tulnn ,la salle de spectacle flottante |
Dans un deuxième temps son chef prend les choses en main. Il propose d'enlever MC jusqu'à Klosterneuburg, où il se rend. Je suivrai sur son vélo. Rendez vous dans une heure au poste de police. La déclaration faite, je lui demande de m'emmener moi, à Tulnn à 12 k ms de là chez un marchand de vélo, où MC me rejoindra au camping. Il est 9h30. A 11 heures je retrouve MC comme prévu, sur mon nouveau vélo, paré pour la suite du voyage et déjà un peu moins consterné. Et le soir nous entrons presque joyeux à Klosterneuburg, sous la pluie, à 15 k ms de Vienne.
L'amertume reviendra plus tard, avec la pluie qui va tomber pendant 15 heures. La tente résistera, mais l'eau s'infiltrera par dessous! Je sauve la situation en creusant des rigoles pendant plus d'une heure sous la pluie battante avec... mon opinel.
mardi 12 octobre 2010
Rencontre avec les australiens Glennys et Max
| ils sont ici chez eux! |
Ça donne l'occasion d'échanger avec les autres campeurs, c'est comme cela que nous faisons la connaissance de Glennys et de Max. L'intérêt du camping par rapport au bivouac, c'est la possibilité de rencontrer d'autres personnes, cyclistes ou pas.
La bicyclette fait causer,elle suscite la curiosité, l'étonnement, elle permet de se reconnaître et d'échanger sur le voyage des autres. Ce qu'on perd en tranquillité on le gagne en relations. Et loin de ses bases on a besoin de causer! Et quand on est seul encore plus!
| Glennys et Max sur le bac qui traverse le Danube |
Glennys et Max sont venus de Melbourne, en avion, pour trois mois. Ils sont passés par Munich. Puis ils ont rejoint Strasbourg. Depuis ils suivent le même itinéraire que nous. Nous les retrouverons à Matthausen,de sinistre mémoire, par hasard, avec beaucoup de plaisir. En suivant Glennys, je remarque un petit koala en peluche qui dépasse de sa sacoche droite. Je lui en parle, elle fait une embardée en voulant regarder ce que je lui montre et elle se retrouve dans le fossé, en douceur. Petite frayeur, nous en rirons ensuite. Ils nous quitterons un peu plus loin, pour remonter vers Prague. Belle rencontre et séparation émouvante à la sortie d'un hyper Spar. En fait nous les avons attendu un peu plus loin, avant de les perdre définitivement. Ils viennent de réapparaître sur le Net en réponse à l'envoi de mes photos. On pédale bien aussi en Australie, alors qui sait!
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