Voyage à pied en Berry avec le père noël

A l'amphi bar, chez Martial, croissants, café, brioche, pour le départ du grand couillon! Mardi 7 septembre 2010, Jean Noël Guennan prend la route à pied pour Rome, il l'a dit il le fait.

La chose a germé, elle vient d'éclore!

Partir pour une grande aventure, avant de se lancer à nouveau tête baissée, sans prendre le temps de souffler, dans un nouveau trip, un nouveau job, une nouvelle entreprise... Faire le point, en voyageant sur ses deux pieds

Derrière les sourires,affichés ou non
on sent l'émotion,de ceux qui on tenu à être là, c'est tôt quand même!
Il y a aussi ceux dont je n'ai pas les photos, Jacqueline, Laurence et Martial, l'autre! Celui du bar...


Je suis rentré des Alpes, le matin même, pour ne pas rater le départ du grand homme pour la ville éternelle.
J'ai eu la chance, mais j'ai forcé le destin, de l'accompagner durant quelques kilomètres, le temps de s'y faire, pour lui et pour moi. Moi j'en sors, de 4700 kilomètres à vélo, lui il y va pour 2400, à pied, 3 ou 4 mois et tout seul, et la saison s'avance. Il verra bientôt les premières neiges.

"le voyage de mille lieues commence  par un pas..." Lao  Tseu




Châtillon/Indre



Le 28 septembre je prends le train pour le rejoindre, à Châtillon/Indre, une petite ville du Bas Berry dont je n'ai jamais entendu parler. Train, bus, ter, je lis tranquille, l'opel corsa est restée au parking. J'amène des vêtements, les nouvelles cartes et quelques bricoles.







les entretiens du port




en corse, ça monte dur
Je sais que jean Noël a pressé le pas pour pouvoir m'accueillir à la descente  du car, mais il a pris le gr dans le mauvais sens, il arrivera un peu plus tard.
Dans ces moments là, il y a une attente. J'ai envie de le retrouver et de marcher avec lui, parce que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup.
Souvent le matin, à Vannes, quand les autres dorment encore, nous nous offrons les "entretiens du port", conversation à bâtons rompus sur ce qui fait l'essentiel de nos vies.


vue sur le monde


Malgré nos différences, dans nos manières de voyager, de manger, de marcher, de dormir, d'aimer, les kilomètres marchés ensemble n'ont pas entamé notre amitié, pas de manière durable, en tout cas!
Peut être aussi a t il un peu hâte de me voir, c'est un peu de chez lui qui lui revient, on a passé de bons moments ensemble... Je sais aussi que je viens troubler son voyage, son rythme et ses rites, qu'il va devoir composer avec moi!



Evelyne, le temps d'une cigarette

parler la bouche pleine...
Dans ce voyage à Rome, il est seul. A la différence de Compostelle, pas d'autres pèlerins sur le chemin. Ce voyage en solitaire, dans lequel il faut tracer sa route, à travers la campagne et à travers la montagne, il faut le fabriquer au jour le jour et s'inventer des amis à mesure du chemin, pour une heure, un jour, un repas, une nuit. Et tout le temps aussi se séparer! A peine apprivoisée, la rencontre est déjà derrière!On voudrait se tenir par la main un peu plus longtemps, un peu plus fermement! Le blog atténue un peu cette impression de perte, c'est vrai, car s'il voyage en solitaire, Jean Noël marche rattaché! pour lui l’i phone est plus important que la carte, l'égarement moins grave que le silence.










Florence Du Manoir, ça ne s'invente pas! Elle a été notre hôtesse à Boisrenault. Un grand château, un parc magnifique, à proximité de Buzançais. Achevé en 1896, il est resté dans la famille. Le contact avec Florence n'a pas été simple, réservé pour le moins. Jusque en 83, c'est Véronique, la soeur, qui tenait chambre d'hôte. Le mari mexicain de Véronique, ne supportant pas bien la pluie du Berry, ils sont repartis en Amérique du sud avec leurs enfants, laissant la charge du château à Florence . A t elle eu  vraiment le choix de s'atteler à la tâche? Cela lui pèse sans doute, mais elle le fait bien! Le chateau est parfaitement entretenu et confortable. Elle a eu la délicatesse d'allumer le chauffage, bien que la saison ne fut pas encore bien avancée. Elle  nous conduira à Buzançais le lendemain et les adieux seront touchants. Peut être a t elle quelque chose de Laurence, la compagne de Jean Noël




Dés qu'il voit un cheval jean noël s'arrête, les vaches aussi d'ailleurs, ça l'intéresse, mais ce qu'il fait, aucune bête ne le ferait! Le contact animal, ça peuple aussi les journées! je ne sais pas s'il leur parle, mais il n'en rate pas une.

Ici nous sommes à Lys St Georges après notre arrêt à Jeu- les- bois. Nous cherchons un café, incertains, et  nous trouvons  Jean Yves, Jean Yves, Annick et Yvette, de Concarneau. La conversation s'engage entre anciens du béton, Jean Noël, remet sa carte à Jean Yves. Yvette sa femme ne veut pas entendre parler de nous, Jean Yves insiste. Nous allons passer une heure dans leur camping-car. Yvette se mérite! Jean Yves est visiblement ému lorsque nous reprenons le route, et il prononce le mot "séparation". Il a suffi d'une heure! Ca déchire!





Châtillon/Indre, dans le Berry, mon premier jour avec Jean Noël, chez Anne Marie, notre hôte. Nous sommes en compagnie de Joseph et Zara, deux écossais de Glasgow fondus de 2 CV et amoureux de la France. Joseph aime la conversation, les langues slaves et  le russe en particulier. Il dit apprendre les langues "comme un perroquet"! Il est ingénieur, professeur, interprète dans les matières scientifiques, mais il fait aussi visiter le Kremlin et anime les croisières transatlantiques. Zara, son épouse est plus discrète, elle comprend mal le Français et ne le parle pas du tout, mais souriante elle s'en accommode. Joseph est passionnant, on a un grand plaisir à l'écouter, et son accent n'est pas vraiment de Glasgow, plutôt de l’Europe de l'est! 




Joseph boit bien et il est de très bonne compagnie. Il aime voyager, et nous raconte qu'en Ecosse, les transports sont gratuits pour les seniors. Souvent avec Zara ils montent dans le bus ou dans le train et parcourent ainsi le pays, dorment à l’hôtel et rentrent ragaillardis de leur gentille escapade. 



Fabienne, quand je la croise sur le chemin, je suis seul devant, Jean Noel cause encore dans son téléphone,ça fait tomber la moyenne. elle vient immédiatement vers moi et entame la conversation. Elle vient d'acheter une vieille maison à Sarzay, à quelques kilomètres de là. Elle veut se poser. Nous ne saurons pas ce qu'elle fait dans la vie, d'ailleurs quelle importance! mais elle a beaucoup voyagé, sans gros moyens. 28 pays traversés, elle éprouve le besoin de souffler. Sa maison, elle va la reconstruire, avec de l'aide, et espère ensuite y accueillir les voyageurs. Elle s'est liée d'amitié avec un géo physicien. Apercevant le mobile de Jean Noël, elle a un mouvement de recul. Elle craint les ondes et nous dit l'importance pour elle de connaître la position de la trace des morts dans sa maison avant de commencer les travaux. Il ne s'agit pas de l'esprit des morts mais de leur trace électro-magnétique... la photo de cette charmante jeune personne se retrouvera le soir sur la toile et elle en semble ravie.

Anne Marie, elle y croit!

habitants de partout
       J'ai voulu dans cette page parler de rencontre et de séparation, de la mienne avec Jean Noël et de toutes celles qu'il m'a permis de faire durant ces quelques jours.

        L'expression "Rome à pied" change la nature de la rencontre. Il y a un avant "Rome" et un après. Jean Noël vous donne l'occasion d'y participer. Rome amène la confidence de la part de celui que vous rencontrez. Comme s'il voulait vous en donner pour le prix de ce que vous lui racontez. 
       
       Au bout d'un certain temps, ce n'est plus l'histoire de Jean Noël qui fascine mais le récit de ces autres histoires que la sienne suscite. C'est ce récit qui nourrit le voyageur solitaire. Mais aussi son regard, sa chaleur, ses attentions, sa chair et son sang. Ou alors sa retenue et son refus d'entre en contact ou tout simplement de vous servir le repas dont vous rêvez depuis des heures! Manouche va!