de Bergerac à Duras

Nous voilà partis chercher du vin, à Font Vidal en Bergerac, Entre deux Mers pour être clairs. Après un gros bouchon à Nantes pour cause d'Ascension, nous descendons d'une traite jusqu'à Mirabeau. Nous quittons l'autoroute pour arriver par la campagne! Campagne plate et triste, route sans fin et sans intérêt.
la chambre d'hôte et sur la droite, le chais avec le pigeonnier


 Castillon la bataille, un joli nom certes mais contrairement à ce que promettrait ce nom, une petite ville endormie et sans caractère. Le camping nous fait fuir: grillage, poussière et campings car.


 En suivant  la Dordogne,  nous flânons jusqu'à Ste foye la grande.  Juste avant la ville, virage à droite vers Gensac: une chambre nous attend à l’Hôtel des Remparts . Village admirable en surplomb de la rivière. L’hôtel, un rêve au fond d'une vieille rue. Mais de chambre point, malentendu! L’hôtesse avait, au téléphone , semble t il, un accent japonais. en fait elle était écossaise. Incompréhension.
Marcel!
Il ne reste plus qu'à camper, à Juillac justement, c'est là que par un drôle de hasard nous attend le vin. Mais de camping, point! Enfin point n'avons trouvé!
Alors reprend l'errance,  nous fatiguons.
Voilà Pellegrue, désert, sinistre, rien à tirer!


Puis tout à coup sur la gauche, dans les hauteurs: chambre d'hôte!
"Si je ne vous avais pas vu si perdus je ne vous aurais pas dit oui.." nous a dit notre hôtesse le lendemain matin! Enfin, nous avons un lit pour reposer notre tête et des gens charmants pour veiller, ce soir, à nos destinées! Et Marcel, coq magnifique, bien accompagné, en guise de réveil matin! pas trop tôt, Marcel, s'il te plaît!
vue de l’hôtel des remparts à Gensac


Il ne nous reste plus qu'à rejoindre l'hôtel que nous venons de quitter, pour manger le repas que sans le savoir nous avions commandé! Déception! mais où donc encore une fois est passé le cuisinier?
la partie médiévale adossée à la demeure


Le lendemain nous découvrons la beauté de l'endroit où nous nous sommes posés la veille, un superbe ensemble, avec un logis médiéval, un chais avec tourelle, pigeonnier et cadran solaire ainsi qu'une maison du vacher, avec les granges et les étables.Le tout préservé, mais à restaurer! au delà des forces et des moyens des actuels propriétaires. Déjeuner au soleil, et parlotes sans fin, nous partons à regrets...




le port de Ste Foye et ses entrepots


La suite c'est Ste Foye, la grande, enfin pas si grande que ça, jolie certes, mais pas tant que ça, et elle aussi bien endormie, personne dans les rues, personne aux terrasses, mais un superbe bord de la Dordogne, au soleil! parfait pour le pique nique. A croire que partout les pays de vin sont riches et beaux, mais désertés par la  vie!

Et puis voici Bergerac! 
Droit sur le camping pour se poser et se promener tranquilles! amère déception! Le camping est poussiéreux, les oies sauvages et leurs petits ont semé leurs étrons partout, les emplacements pour les tentes sont en pente douce et le propriétaire attend l'arrivée d'un groupe de 13 camping cars. Sauve qui peut la nuit sera chaude.


Cyrano a rendu célèbre Bergerac, dont il n'était nullement originaire! mais Bergerac ne s'est jamais plainte de cette publicité inespérée , témoin cette statue drôle au milieu de la plus jolie place de la ville. Ville bien vivante elle, contrairement à celles précédemment visitées.
A Bergerac il y a le vin certes, mais aussi une très délicate architecture, faite de bois et de pierres.
La Dordogne irrigue Bergerac, ouverte sur le fleuve.  Le vin transitait par la rivière, il en reste les marques! c'est pour nous reposer à l'ombre et regarder ces marques que nous nous sommes assis sur un banc, sous un polonia au grande feuilles!
la dame exquise et ses amies






C'est ici que nous avons bavardé avec une exquise vieille dame de sa vie d'avant, de Bergerac, de son goût pour cette ville, du bonheur pour elle d'avoir pu acheter un petit logement au coeur de la cité! nous la quittons pour aller visiter le musée du tabac. Nous la retrouverons quelques rues plus loin, sur un autre banc avec ses amies...






une des collection de pipes
 Bergerac aime ses tonneaux, bien sur, mais on sait moins que le tabac a fait le bonheur de la région, employé des milliers d'agriculteurs. On voit encore les séchoirs qui parsèment la campagne. On croit trop souvent que tout cela vient de Virginie. Et puis il y a eu tous les métiers associés, pour le transformer et aussi le consommer.
quelques tableaux aussi
Il en reste des traces  dans la ville, en particulier dans ce très joli bâtiment qui abrite le musée du tabac. Toute l’histoire de cette plante y est racontée et sa place exceptionnelle dans la vie des hommes depuis la nuit des temps . La peinture aussi en témoigne, ici un illustre inconnu...


Bergerac c'était bien!  mais après le bide du camping, il nous faut maintenant trouver un endroit où planter la tente, ce sera Gardonne, à quelques kilomètres de là, au bord de la Dordogne, un petit camping sympathique  avec de l'herbe et peu de monde! la gardienne est adorable, mais elle sait ce qu'elle veut, et nous apprenons que son métier n'est pas de tout repos!C'est la femme aux dix vélos.
Après une belle assiette fraîcheur chez Pierrot, la nuit sera bercée par le trop plein du lavoir, les grenouilles folles et le murmure des voisins d'outre manche. Quies fait d'excellents bouchons d'oreille. C'est supportable puisque nous décidons d'y passer une deuxième nuit.


Le lendemain c'est samedi , le pays de Duras au programme. A une vingtaine de kilomètres! moins de vigne et plus de campagne. D'abord rallier Duras, par les vicinales, ce n'est pas rapide mais on visite. Et ça nous permet aussi d'arriver à une heure décente pour le déjeuner, le temps d'avoir faim. On y rentre par une porte, dans cette petite ville installée sur un promontoire rocheux avec une vue imprenable sur la campagne environnante! On comprend bien la présence du chateau, à des fins de défense du territoire. Bel édifice d'ailleurs, composite et puissant. Au pied du chateau une belle promenade et un magnifique camping, fermé à cet époque de l'année, ça nous évite la tentation.Marguerite Duras, née tout à côté, en a tiré son pseudonyme.


Je n'ai plus de souvenir du déjeuner, ah! si ,cela me revient! Il nous est venu la drôle d'idée de faire le tour des petits villages du pays de Duras, signalés comme à voir sur le guide. Le périple commence un peu à l'aveuglette, et la seule chose qui nous surprend au bout d'une demi heure de route, c'est un petit enclos, abritant trois vigognes. L'une d'elles, ou peut être lui, nous fait ses manières de cabotin. La tonte, toute fraîche lui donne un air de caniche égaré... Les autres, placides continent à se remplir la panse! Des vigognes dans le vignoble, un bon titre de roman policier...


Plus loin la réponse nous est donnée, le pays de Duras est caractérisé par la forme de ses clochers! Et comme c'est partout un peu la misère, cela donne à la région un petit air de campagne mexicaine. C'est à l'ombre humide d'un de ces clochers troués de part en part et dont on aperçoit la tranche que me revient le souvenir du déjeuner : melon /petit beurre...
Il pleut et la pluie bercera nôtre après midi, dans le seul café de Duras ouvert en ce samedi de finale-dames à Roland Garros. La chinoise, plus jeune et plus puissante, terrassera l'italienne. Un signe des temps? Dans un coin, près des toilettes, des turfistes dépareillés suivent en groupe le ballet monotone des pur-sangs sur un écran minuscule.


La pluie cesse, la chaussée brille, le ciel est doux, direction Monsegur. Jolie surprise, des Halles Baltard sur une petite place ceinturée d'arcades. Puis Sauveterre de Guyenne, joli nom des tropiques, mais sauve qui peut, la tristesse incarnée! Sauveterre, Castillon même combat, ne pas se fier à la suggestion des noms...  Soussac, le restaurant recommandé par l’hôtesse est fermé, bien sur, on est samedi soir, demi tour dans les flaques! Retour à Pellegrue, rien d'ouvert bien entendu, mais de bien jolies halles, à nouveau. Cap sur Ste Foye, il n'y a que cela qui sauve, bonne surprise enfin, un joli restaurant, bourré de monde, un garçon à l'ancienne, pas trop délicat. Et enfin, un cuisinier qui ose faire sa cuisine! Une créme brûlée au  foie gras en entrée, c'est risqué mais ça marche... Sommeil à nouveau bercé par l'eau qui coule, les grenouilles qui bavardent et les voisins qui n'en finissent pas de s'éteindre.












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