De Duras à Bordeaux en passant par St Emilion


Dimanche s'éveille au son du vol lourd d'un cygne familier. Adieu Gardonne, son camping paroissial et sa gardienne amazone. Droit sur Font Vidal! Madame Poncet nous attend. On trouve la trace et puis on la perd! Juillac n'aime pas  ses nouveaux  vignerons. Puis à nouveau la trace, à la sortie... Mme Poncet nous attend, avec son jeune grand chien pas encore bien éduqué. Une belle palette de caisses de vin aussi! frisson, est ce que ça va rentrer? Mme Poncet nous invite au musée du chateau, nous en conte l'histoire, et nous permet d'admirer quelques belles bouteilles. D'en goûter aussi quelques unes.Elle nous explique  comment on cultive la vigne, pourquoi on laboure un rang sur deux, l'intérêt de ne plus vendanger à la main, le souci de ne pas rajouter du cuivre à la terre quand on s'appelle Fontaine de Vie...




Ici on ne vinifie pas Rolland et on ne se vend pas à Parker. On travaille le terroir. Puisqu'on n'a plus le souci des vendanges ni de la taille, on se concentre sur la vinification, ce qui n'est jamais gagné et sur la commercialisation, ce qui devient difficile quand on a mal au dos. Monsieur nous a rejoint, il bouinait dans les chais... Question commerce, leur fils et leur belle fille ont monté un magasin de vin à Etel voilà quelques années et un autre tout récemment à  à Port Louis. L'année prochaine c'est là que nous irons chercher le vin...Au fait savez vous ce que c'est qu'un clairet?




Voiture pleine, direction St Émilion. Déjeuner, eh oui! à Castillon la Bataille, sans prétention, heureusement, mais pas si mal, belle salade et excellents raviolis. Et puis je rate la route directe, ce qui nous permet d'arriver à St Emilion en rasant les murs et de poser la voiture tout près du centre! Et le déluge, mais qui s'en plaindra...
Commerce commerce, oui mais que c'est beau! les rues sont étroites, pentues, tout à St Émilion est enchevêtré, même l'église est cachée, sous la pierre! Et dire que leur saint patron est venu de Vannes à pied, pour créer la ville, à une époque où par chez nous il y avait encore du raisin. Il aurait pu tomber plus mal. On peut encore y voir  sa cellule dans le roc.


Bien sur c'est un peu le Mont st Michel, ne vous risquez pas à manger une crêpe suzette sur la place, et pour une place à l’hôtel du centre, rappelez la semaine prochaine! La foule s'écoule dans le creux et la pente des rues, peut être vaudrait il mieux revenir tôt le matin ou bien au soleil couchant. On file en catimini, jurant de revenir, plus longuement! On nous attend à Bordeaux, notre hôtel nous attend et c'est retour de we de l'ascension. Nous n'aimons pas le périphérique le soir à l'abord des grandes villes.
Au hasard, de nouveau au milieu des vignes, nous rejoignons Libourne, 
franchissons la Dordogne et fondons sur Bordeaux! Et d'un coup nous revoilà perdus, au bord de l'église Ste Croix, à chacun la sienne! Malgré les lumineuses explications d'une charmante paroissienne nous nous escrimons à tourner en rond, mais cette fois autour de la Gare St Charles, impossible à localiser sur le plan. Puis sans aucune raison la navigatrice attrape une rue, puis une autre et déroule ainsi le fil jusqu'au centre hospitalier Pellegrin au bord duquel se trouve notre hôtel. Incertitude dernière quand à la latitude et nous voilà planqués bien au chaud pour 24 heures dans le parking de l'hôtel! Et maintenant vive le tram.







C'est le tram que nous avons choisi, pour nous rendre au centre ville, économique et pratique. Bon, ça fait beaucoup d’embêtements en surface pendant les travaux, ça gèle un certain nombre d'hectares circulables, mais à l'arrivée ça change le visage de la ville et la vie de ses habitants. On peut marcher tranquille, on a même le sentiment que les voitures ont disparu. Depuis quelques années la ville a été nettoyée, les murs étaient noirs, la pollution ayant quasiment disparue les façades restent claires, et la ville est belle.
Bordeaux est une ville ouverte sur la fleuve, en cela elle ressemble un peu à Lisbonne. Une immense esplanade, d'une largeur exceptionnelle et longue de plusieurs kilomètres a été aménagée pour permettre à la population de vivre entre la ville et la Garonne. Place de la bourse il y a un miroir d'eau qui établi une continuité entre la terre et l'eau. Effet garanti, même si le vent atténue souvent cet effet miroir.



Et puis lorsqu'il fait chaud tout le monde peut se rafraîchir en marchant. Là encore on en oublie presque que l'on est en ville. l'eau en impose à la pierre tout en s'alliant avec elle. une belle réussite. On en oublierait presque que Bordeaux a connu Haussmann, en en oublierait presque les lignes droites. On ne peut oublier cependant la vigueur des monuments, les portes, les cathédrales. Nous sommes frappés par la délicatesse des motifs sculptés qui viennent égayer l'austérité des façades. Les courbes et les angles improbables viennent casser la trop grande monotonie des grands alignements. La ville regorge aussi de colonnes et de monuments. On y trouve la mise en scène des corps, par exemple au pied de la colonne de la place de la Bourse. On peut aussi aller se promener sur l'espace des Quinconces et détailler les scènes du monument aux Girondins...


Et pour finir retournons flâner sur le quai des marques. Il s'agit là des anciens entrepots dédiés au commerce du vin. Lorsque la Garonne en assurait l'essentiel du transport . Tombés en désuétude, gagnés par le délabrement, une décision s'imposait. Ils ont été restaurés en tant que patrimoine et consacrés aux grandes marques à prix coûtant. C'est soldes tous les jours au bord de la Garonne. Il n'y a pas que des boutiques, mais aussi de quoi manger, se reposer, se relaxer, un merveilleux endroit pour flâner, pas pour travailler. On y a même vu quelques assistantes maternelles y venir chaque jour avec une ribambelle d'enfants respirer le grand air du fleuve...