mercredi 7 décembre 2011

Istanbul, novembre 2011






le temps me manque pour écrire ces 10 jours à Istanbul, ville époustouflante et  contrastée






vendredi 11 novembre 2011

Noirmoutier, un gois, un pont et pourtant une ile, octobre 2011



























Lire la marée, c'est important, à Noirmoutier. La marée fait l'ile ou presque, inaccessible. L'eau,va et vient, jamais pareille et vient lècher le bord des pneus . Le pont, haut sur ses pattes, veille au loin, sur de lui. Le gois, plus ras, incertain, un truc à se faire  peur, il suffit de voir les perchoirs plantés sur la grève.


Mondes contrastés, ile difficile à raconter d'un trait, trois jours pour la découvrir, à pied bien entendu et avec le palais.  


Gagnée sur l'eau, pourtant c'est l'eau qui l'a faite et qui veut la reprendre. La préserver pied à pied, il suffit d'arpenter les digues, à l'abri côté terre, pour voir comment les noirmoutrins y ont travaillé, secondés par les  hollandais lesquels ont laissé leur nom en partant.














Au restaurant, les mécréants: entente sur les prix et le dos du client, assiette légère et main forcée. Sauf un, le Grand Four, depuis 1956,  merveille au prix doux. Je n'ai jamais si bien mangé.



















La côte est multiple, des plages sous le sud, bordées par les campings peuplés de balançoires et les petites maisons de poupée envahies par l'été, aux criques du nord cernées d'arbousiers, délicatement ourlées par le collier des cabines de bains.












On loge chez ma soeur, dans une très confortable jolie maison vendéenne, fondue parmi les autres, à l’Épine, rue de l'aubépine. Une maison voulue par elle pour y vivre plus tard, une partie de l'année. 

vendredi 28 octobre 2011

Anne Marie, la fête est belle, 2011













Le Jura, hiver 77, les images défilent, des images d'un autre temps, d'une autre vie, les ombres dévissent entre terre et neige, des chutes, à la pelle, on en rit encore... Derrière la caméra, Anne Marie! 

Plabennec, 2O11, devant l'écran, on essaie de se souvenir: celui là, c'est qui? Il est derrière toi. Celle là, je ne m'en souviens plus, c'est quoi son nom déjà? Celui-là est en prison, une dispute, un coup de feu... Ah! là, le jeune torse nu, il n'est pas resté longtemps, il a traversé la Sarthe, en tracteur, avant d'être pris par les gendarmes...

34 ans plus tard à l'invitation d'Anne Marie, nous voilà pressés les uns contre les autres. La fête est belle, plus légère, moins rude en émotion que celle de l'an passé : c'était trente années à contracter d'un coup, l'érosion du temps dans les yeux des autres, les intimes devenus étrangers. 

Plabennec 21 octobre 2011, cent personnes sont venues faire la fête à celle qui s'en va, elles sont là, Josie, Guilain, Cathy, Najib, Odile, Olivier, Jean et les autres...d'autres n'ont pas pu. Alors on en parle et ils sont là  pour elle, unique et belle. Anne Marie tourne la page, tourne et tourne encore, dans un petit extrait filmé en noir et blanc, fluide et renversée, à l'envers du monde. 
Renversante Anne Marie, celle qui tourne et se retourne, tournée vers les autres. Pour elle la nuit n'est jamais finie, elle vous parle, elle vous scrute, elle vous cherche, elle vous crée. 
Et si vous laissez aller, elle vous embarque sans effort dans la galaxie sans fin des histoires de sa vie. 

















A la poissonnerie, avec jean noël, un vendredi d'octobre 2011







9h 30. Rendez vous sur le port, les entretiens reprennent, j'aime ça, causer avec Jean NO. Ca pourrait durer toujours. Marcher, bloguer, lire, nos histoires à l'un et à l'autre, ça déroule tout seul. Mais y a des limites! la bouffe, quand c'est l'heure c'est l'heure! Je vois mon Jean NO qui s'en va, avec son sac jaune sur le dos, on le repère à cent lieues à lentour, c'est où Lentour? J'ai fini moi aussi. Je rentre par l'intérieur, et pourquoi pas traverser la halle aux poissons, je savais même pas que c'était ouvert en semaine,  c'est tout neuf bitumé tout autour, le luxe, juste deux étals sont ouverts, sans la presse et les cris, c'est poisson quoi, silencieux.
JN et JP, vous avez bien dit mulets


Et revoilà mon sac jaune, spécial courses, estampillé petites emplettes, et devant, imposant, mon Jean NO, il a de la présence. Je ne l'appelle jamais "Jean NO", ni "mon"d'ailleurs, mais ça sonne bien quand j'écris. Alors j'écris "mon" , et "Jean NO", parce qu'en écrivant je sens une étrange affection, pour ce grand escogriffe. Donc mon Jean NO, fait sagement la queue. La poissonnière n'a pas une voix de poissonnière, elle est jolie, vive, acide.


Du mulet, charmante madame, savoureux et pas cher, celui là, ça  ira pour quatre, bien sur, un kilo quatre, c'est bien charnu, ça fera onze euros soixante dix. Je vous le vide, oui, et j'enlève un petit bout de la queue, bien sur, et je vous laisse la tête, parfait. Et que je te coupe, mais un peu seulement, ce qui dépasse, et puis que je te racle la peau du dos, avec une coquille, st jacques s'il vous plaît, c'est bon ça coco, avec une coquille, pour un pellegrino, complètement replongé dans ses souvenirs de marcheur éternel . Les écailles fusent, le corps se lisse, la tripaille se vide, on le voit  déjà, dorer dans son four, j'aimerais bien le goûter, moi ce mulet magnifique ...chef d'oeuvre du maître queue!


et voilà le résultat, cherchez l'erreur
Un kilo d'encornets plus tard "mon Jean NO" s'en va, sans un regard pour la poissonnière, ni pour moi, déjà tout engagé qu'il est dans son combat avec la bête et son fumet. On frôle le sacré, sacré Jean NO, faut pas te rater. Il s'en va de son côté, moi du mien, surtout lui du sien, le poisson c'est pas mon truc. Les Halles Générales, je me venge sur une crèpe au beurre qui me dégouline entre les doigts et je fonce acheter une tatin de poivron et de chèvre. Non mais!




mardi 11 octobre 2011

A pied en Bretagne 3, de Douarnenez à la Baie des Trépassés, septembre 2011

jeudi 29
Odile me dépose gentiment au train de 7h30 , à Landerneau. A 8h30, je suis à  Quimper et à 10h30 je prends un café sur le port de Treboul. Une jolie femme kabyle tient le bar et la dragée haute  à tous ces hommes accoudés, désoeuvrés, déboussolés. J'y resterais bien, après la fête, la décompression. J'ai retrouvé les parents, les amis, je suis sorti de cette bulle dans laquelle je me trouve quand je marche au long cours et tout seul. Bulle que je cherche puisque c'est pour cela que je suis parti. J'en sors avec plaisir mais à regret. Je demande la route à la factrice. Je peine à suivre ses indications,mais je vais tranquille. Je ne sais pas bien par où je veux passer. Juste ce soir, je dois être à Beuzec Cap Sizun.  Je repars à l'aventure par les chemins. Incertain de mon devenir immédiat. Le sentier côtier est top dur et trop long pour aujourdhui, je vise la route côtière intermédiaire.


Poullan/Mer, joli petit bourg, belle petite église dédiée au gens de la mer comme en témoigne la sculpture à demi effacée au coin de la façade sud. Après déjeuner je remonte à la côte. J'avance bien , la machine est relancée après le relâchement ferroviaire. 16 heures, j'entre au syndicat d'initiative de Beuzec pour y récupérer la clef. Visite accompagnée du gite, l'ancienne école a été bien reconvertie, les chambres  sont petites, la literie de qualité et je suis seul . Je me dirige ensuite vers le café du village, le Mac Laughin. 10 minutes plus tard je m'endors au bar dans ma bière. Retour au gite et sommeil sans rêve enroulé dans les couvertures. C'est bon!


vendredi 30
Je repars tard dans la matinée. Adrian et Claudie me rejoindront le soir. Au moment de partir, je rencontre la femme de ménage. Elle me raconte l'histoire de l'école. Survient sa vieille amie: elle évoque les temps lointains, la dernière guerre. Les parents, par précaution, à l'écart des routes, envoyaient leurs filles garder les vaches au bord de la mer. Pour les empêcher de brouter le blé à la lisière, elles diluaient de la crotte de chien dans de l'eau et en aspergeait les céréales. Excellent répulsif naturel, le chien invisible, quelle invention!
Je prends enfin la route, tout droit puis à gauche, le sentier côtier.  Le sentier côtier, c'est beau, ça vous casse les pattes et ça vous décroche le coeur. C'est beau, vous ne savez jamais où vous êtes et là où vous allez, c'est derrière la pointe, quelle pointe, la grande, la petite, celle qui compte même pas pour une pointe, l'unité c'est la pointe. Derrière la pointe, il y a un creux et dans le creux il y a un ruisseau. Pour sauter le ruisseau il faut un pont, et comme  il n'y a pas de pont pour franchir chaque ruisseau, on va  jusqu'au bout du creux. Là,  il n'y a plus de ruisseau et on ne voit plus la pointe . La seule pointe qui vaille, pour moi, c'est la pointe avec un bar au creux, en surplomb du ruisseau, annoncé par un amer en forme de bite dressée dans sa splendeur canaille.

Il fait beau, il commence à faire très chaud, il y a du monde sur le chemin. Pas de voyageurs, j'en ai seulement croisé 2 ou 3 en deux semaines, le voyageur n'est plus de saison. Non, 2 gars qui travaillent pour le sentier et la réserve. Alors on cause un peu, ils connaissent le coin. J'ai failli rater sur la droite, le chemin qui tombe dans la mer et au bout du chemin, un petit port impossible, admirable, adorable...Je me heurte plus loin à deux jeunes gens qui flânent avec tout le barda, autonomie amoureuse oblige. Plus vieux et plus seul on aime la route, plus rapide et plus sure, elle vous emmène vers le lit, le bar et les gens. Le temps a passé, revoilà mes 2, il y a, me disent ils, un petit chemin, sur la gauche et plus loin, un inoubliable point de vue... je vous crois les gars, je ferai l'impasse, pour cette fois.
Oui, ça commence à être long! Soudain, surprise, l'amer, sur la pointe, annonçant le creux, le ruisseau, le café. Enfin! quel bonheur, cette vieille dame paisible et lumineuse derrière son bar, les habitués, la bière... cette fois je m'offre une douceur, un peu de sirop d'orgeat au fonds du verre. Raté, trop sucré! Port Theolin, c'est presque la fin, Lescleden n'est pas très loin, je repars tranquillement.


Ce soir c'est la fête, encore des bulles, encore... avec Gaël, Achille, Églantine et Tao, Adrian et Claudie et enfin Pascale et Joêl. Adrian est un docteur roumain, il a ramené avec lui l'arme nationale, la tuica, vieil alcool de prune. Plus tard, au son de la cornemuse, nous pleurerons tous avec lui le paradis perdu.


samedi 1


Esprit du matin chagrin, les cloches sonnent sonnent, un soleil brouillé se lève dans les pins du voisin de mon ami. On traîne un peu, aujourdhui c'est balade. On va faire prendre l'air à Claudie. A la baie des trépassés. On refait en sens inverse la route que j'ai fait la veille. Pas possible que le temps soit si beau. Je profite pleinement, j'ai tout le temps de voir et de revoir. Je sais où on va, par où et à peu près quand on arrivera. Idéal pour récupérer. Les autres sont scotchés par ce qu'ils découvrent. Déjeuner à midi tapantes à l'abri d'un mur de pierre séché enrobé de lierre. Et puis ça déroule tranquillement, jusqu'au bar, au creux, au ruisseau, à la pointe. Consommation tranquille. 
Rentrée tranquille par le sentier et par la route. Soirée tranquille, Claudie cuisine deux petites vieilles pendant qu' Adrian suit de près les côtelettes sur le gril. On ne réveillera pas la tuica qui dort. La nuit sera tranquille.


A Port Theolin, c'est un merveilleux petit bar sans prétention, créé par la mère de la dame qui nous sert, sa fille a pris la suite. C'est frais, accueillant, pas question d'y faire restauration, et pourtant. Les deux femmes tiennent le cap tracé par la grand mère. Ca n'a pas été facile toutes ces années d'avant guerre, pas de route pour accéder, pas de promeneurs, pas de randonneurs, juste les pêcheurs après la marée, à pied, rentrant chez eux.
  Dimanche 2
  prises de vue


en allant vers la pointe du raz, au sud de la baie des trépassés,  en me retournant, j'aperçois ce petit port aux airs de plongeoir, avec son bout de digue ébréchée...






le raz de sein , les ligneurs dansent en remontant plein pot à la renverse du courant, il brasse l'énorme masse des petits poissons, le bar est dessous, à l’affût, vulnérable...


par contraste, ces petites embarcations, bien rangées, dans ce petit port, au repos, tranquilles, en bonne compagnie


repos, le plaisir d'être à côté de mes chaussures, je ne pouvais rêver meilleure conclusion, l'eau est très fraîche,c'est excellent pour délasser les pieds, trop dur pour le reste...





A pied en Bretagne 2, de Morlaix à Plouider, septembre 2011

Mardi 26
Après une journée de repos, accueilli par Alain et Liliane, je reprends le sac et le bâton, en direction de Saint Pol de Léon. Alain me dépose à la sortie. Photo. Sur la route mon pas déroule sans difficulté. La journée de repos et celle à flâner dans les Monts d'Arrée m'ont fait du bien. Dès 10 ans la pension,  à Saint Pol. Je n'ai pas aimé. J'ai fait trois fois le semi marathon Saint Pol-Morlaix, comme un retour à la maison. J'inverse la tendance. Je remonte jusqu'à Penzé, un charmant petit port de rivière. J'y avais un ami de pension, plus de trace. Ils refont le gite d'étape, on va pouvoir continuer à voyager avec les moyens du bord, par tous les temps. Au café du port, un paysan, il connaît la famille, surtout mon père. Je prends le chemin du bord de le rivière. La vase brille à travers les feuilles de châtaigner.
 Certains se sont annexé le bord de rivière. De fait le chemin a perdu sa continuité et son intérêt. Le sarrasin  en désordre rougeoie sous le soleil en attendant qu'on le moissonne. Je vais, doucement, dans la fraîcheur, à l'ombre des arbres. En sinuant j'arrive au Pont de la corde. Je le sens, la mer n'est pas loin. Je déjeune à côté d'une stèle rappelant le rôle joué par les pêcheurs durant la guerre. Ma route se poursuit au milieu des champs de choux, on dédrajonne encore à la main, tout au bord de l'eau. Ils sont 4. L'ancien a passé la main à ses neveux. Il n'a pas lâché sa terre pour autant, simplement elle n'est plus son souci à lui. La chaleur monte, le soleil d'automne a la force de l'été qui ne veut pas mourir. Saint Pol au loin, ses deux églises et ses trois clochers. Je revisite la Chapelle du Kreisker où j'ai si souvent entendu la messe, contraint et coupable. Quelconque, presque abandonnée, plus profonde que dans mon souvenir, elle abrite juste un beau christ au outrages.
Un sirop d'orgeat, très frais, et voici la gare. C'est ma route, j'ai l'intention d'y prendre mon billet de train pour le sud. La gare, portes condamnées, vitres brisée, je continue, amer. Il fait de plus en plus chaud, je suis condamné à la grand route, jusqu'à Plougoulm. Je dors au gite intercommunal, en plein bourg, un beau bâtiment récent, tout à fait agréable. Bonne nuit!


Mercredi 27
Je quitte Plougoulm à la lumière de ma lampe. Je ne veux pas rater Florian qui m'attend dans son foyer. Hors de question de prendre la  D 10. Trop de circulation au lever du jour. Je prends donc par la côte. Mogueriec, ensuite Kerfissien, enfin Plouescat. Trois bonnes heures. Soleil, rouge du matin. Il me suivra toute la journée, changeant sa force et sa couleur.
La côte est magnifique, un chaos marin déroule sous mes yeux, imprévisible, son alliance  de l'eau et du caillou, et va  savoir qui donc envahit l'autre. Je vais vite, le long des longs champs de courges. Les beaux fruits de la terre se détachent,  bien rangés par les hommes, sur les


longues langues de plastique noir. Je n'ai jamais cru les légumiers léonards bien sensibles au langage des fleurs. Et pourtant l'artichaut s'épanouit au bord de la mer. C'est aussi la fleur du chou qui a fait le Prince en Bretagne. J'arrive au Foyer de Plouescat pile dans les temps. Je trouve Florian au milieu de ceux qui vont peut être de venir les siens. Après quelques échanges je poursuis ma route, la D 10. Le goudron me fatigue, il fond, les voitures aussi, sur moi. Je me retrouve parmi les salicornes. La dune de Keremma enfin. J'ai faim. Je mange sur la plage, à l'ombre des hautes herbes. Restauré, je rejoins le camping d'où vont s'élancer pour 3 ou 6 kms les résidents des Foyers de la région. Quelques hectomètres avec eux et je retrouve mon indépendance. J'attaque en plein midi l'ascension de la butte qui me conduis à Plouider. Le jour de gloire, je pose mon sac. Ce soir c'est la fête avec mes amis, Odile et Yvon. Demain est un autre jour.

jeudi 6 octobre 2011

A pied en Bretagne 1, de Vannes à Morlaix, septembre 2011

samedi 17
J'ai dans l'idée de parcourir la route de Vannes à Morlaix, à pied. Vannes parce que j'y habite, Morlaix parce que j'y suis né. D'après mes calculs, vu les engagements pris, travaux, repas, élections, je partirai au mieux à la mi octobre . Je prends un café sur le port de vannes. J'appelle ma fille aînée. Un chantier de finitions m'attend chez elle, le lundi. La réponse est non, les travaux ne sont pas encore assez avancés.
C'est décidé je pars. Juste un repas de Florentins, le samedi suivant.Ca m’embête, mais je décommande.Trop envie. Je me ferai allumer par la suite mais c'est une autre histoire qui viendra en son temps.
Je n'ai rien pour partir. ni sac, ni carte. J'appelle au secours le pellegrino, à moitié mort au fonds de son lit. Il me photographie toute la route bretonne de st jacques.Une vieille carte Michelin fera l'affaire, je veux tracer tout droit. Le temps d'acheter un vrai sac à dos, d'hésiter sur la cape de pluie, me voilà prêt. Urgence.
lundi 19
Me voilà sur la route de Ste Anne en compagnie de Marie Chrisine. Pour 10kms. Après je serai seul. Avec mes craintes.  Dure est la route . Ma jambe droite tiendra t elle. Sinon c'en est fini des voyages à pied. L'année passée pour la première fois j'ai lâché  au bout de 5 jours avec jean noël, douleur trop forte au genou droit. pas d'arthrose dit la radio.et puis mon vieux tendon souffre un peu plus depuis l'été.pas de bâton? J'en ai 4 au seuil de ma porte qui attendent, mais pas d'embout pour atténuer le bruit. Je ferai sans. un moment.
La météo est moyenne, gris mais pas de pluie. Les k ms s'enchaînent, vite, trop sans doute. Je suis content. Je suis parti. Trop de choses me poussaient à rester. Repoussées! Libre. Mériadec, un café,un massage, une graine de courge, c'est reparti. Je pensais dormir à Brech. jJai quelques numéros de téléphone en poche. A midi j'y suis déjà. Je rencontre Adrian,un ami, par hasard. Pas vus depuis 6 mois. Repas avec lui et Claudie sa femme, chaleureux, Adrian veut partir aussi, on se retrouvera. Je continue.
mardi 20
Pluvigner ensuite. Je m'arrête, je poursuis, je ne sais pas. Je m'arrête.rien pour dormir, le seul hôtel est fermé, un pilier local me fera rouvrir une chambre d'hôtes.Une vraie suite. Chez des agriculteurs. Gaêl et Tao viennent me visiter. Le lendemain Mme L.  me pose sur la route de Languidic, plus tard Mr L. viendra me porter les cartes oubliées. Ca commence bien! Malachappe, je pars à la perpendiculaire et perds 10kms. Je commence à sentir genou et cheville. Ma belle humeur fuit.  Taxi. "Que ce la vous serve de leçon"  dit-il, débordé. J'atteindrai difficilement Plouay le soir, je mesure les limites de l'exercice, au deuxième jour.Mais j'ai fait 60kms.


mercredi 21 
Direction Le Faouet par Guiligomarch. La veille j'ai demandé à l'animatrice du gite une route sympathique et pas trop longue pour aller plus loin. Aucune idée, me dit elle. Je la trouverai moi même en scrutant ma carte michelin.


Giligomarch, les Roches du diable, après on verra. Ce matin ça va pas trop mal mais l'incertitude demeure. La route est jolie, les rencontres agréables.  je n'avance pas beaucoup. Par précaution je taille un bâton au bord de la route, puis je m'entraîne à soulager la jambe droite sans  trop charger la gauche. Je tombe sur des militaires à l'entrainement. Ils n'ont pas encore compris comment ça marche. C'est plutôt crêve d'ailleurs!Casse croute léger au bord de l'Ellé. J'arrive ensuite à Boninjard, jolie chapelle et calvaire original. Le mien  commence à l'entrée du Faouet. Interminable. La jambe tire.  Le gite est à 3kms du bourg. Heureusement on vient me cueillir, mauvaise pioche, Le Faouet. Belles halles mais commerçants excécrables... L'hôtesse est serviable, le gite sent le curry ou la fosse. je suis sceptique. Nuit affreuse, l'autre locataire du gite ne supporte sans doute pas que je dorme chez lui. Nuit sans sommeil. La cheville ne dort que d'un oeil et crisse au lever.
jeudi 22




Petit matin  superbe. les voitures me viennent droit dessus dans soleil levant. Langonnet me réconcilie avec la vie et la marche. La pharmacienne aussi. Crème au camphre et aspirine, je renais. Grâce au bâton, état stable. Dés 11h, j'atteins Gourin. Le bar est sympathique, le patron a exercé dans le golfe. La "voie verte" est à 50 m sur la gauche, elle déroule jusqu'à morlaix 66kms.Plus de 100 derrière moi. Une grande surface sur mon chemin, un steak pour le soir, une grappe de raisin, un banc à l'ombre. Bonheur! le temps se met au beau, il fait presque chaud.


Je suis la ligne, je suis sur la ligne,ainsi la nomment ceux qui l'habitent. Intarissables. Les destinations, les heures, la carte et le territoire, tout, ils veulent tout me dire. En contrebas, les champs, la rivière. la friche gagne, les maisons croulent, ils s'accrochent... à leur ligne. Le temps s'étire. J'en oublie ma jambe. J'irai au bout maintenant je le sais. Enfin, Port de Carhaix. Au confluent de la ligne et du canal. Magique. Mais la ruine guette. Maisons à vendre. jamais achetées...gite d'étape, l'ancienne école, racheté à la commune. Un jeune homme le tient, à bout de bras, comme Sisyphe. Ca marche. Vieilles Charrues obligent. 4 cyclistes finissent leur tour du Finistère. Comme 13 ans auparavant. L'apéro avec eux. Je me couche seul dans le bazar d'à côté. Excellente nuit.


vendredi 23






Départ longtemps après l'aube. Cause : échanges du matin. Tout n'était pas dit. Rosée en gelée, canal magnifique. Carhaix. La ville. Café prolongé. Le monde. Je snobe la grande surface, Poullaouen est si proche. Du moins je le crois.12 kms plus tard, tout est fermé ou pas encore ouvert.Un bout de sardine, un café, je file. Désormais le bâton épouse mon pas. Nouvelles rencontres, en rafale, surplace à nouveau.Un très vieil homme, avec sa dame, il porte les mêmes chaussures que moi, en neuf.


Un demi-course, tenu par un homme penché sur l'Aulne. un vélo couché. Je veux le même, en noir. Echanges, au revoir. C'est décidé ce soir,ville, hôtel, restaurant. Huelgoat, en lisière des monts d'arrée, a le profil. Un peu de soleil dans l'eau froide me fera du bien...mais..Le téléphone sonne. Mon petit frère fête ce soir son 47è anniversaire.Mon cadet vient me chercher. Gare de Scrignac. avec un pain au chocolat.


samedi 24
7h du matin, retour à Plounéour Menez. Je pose mon sac chez Martine. Flânerie au café avec le journal. la fête a été belle et j'y suis presque. Belle balade dans les Monts d'Arrée. La lumière change sans cesse. Je m'endors sur les sommets, en regardant passer les randonneurs, sans qu'ils me voient. Je me perds  au retour. La chambre sent la cigarette. Mes amis florentins sont réunis à lorient. Sans moi. Etrillage en règle: lâcheur sans état d'âme je suis. Le sauté d'autruche alourdit ma nuit. Triste petit déjeuner.


dimanche 25
Je quitte Plounéour de bonne heure en direction du Relec, sous la bruine. C'est beau et boueux. Je me perds sur les chemins et décide de continuer par la route. L'abbaye est bien humide. Cela nuit à sa beauté.Je me fais un ami sur son cheval. Nous nous reverrons.




Midi. Le Cloître St Thégonnec et son musée du loup. Pas l'ombre d'un banc. C'est  jour de kig ha farz, mais trop tard! Je m'endors à l'ombre du calvaire en attendant Claire, Marion et ses amis.Il nous reste 18 kms. Arrêt à Plourin pour une petite parenthèse sur les enclos paroissiaux. Et, dernière surprise, nous atteindrons Morlaix par la ligne, en débouchant sous le viaduc, via ferrata!


J'y suis, et pas tout seul. J'ai rejoint ma famille. Je passe dire bonsoir à mes parents. Je suis venu les voir à pied, depuis chez moi. Content.