dimanche 5 janvier 2014

Noel 2013

 Une petite fête, chez moi, au menu le poulet bien aimé, fourré au roquefort et garni aux marrons, c'est Noel! Joyeux et drôle, un peu déjanté en fin de soirée...












        Neige et verglas à l'arrivée des Huits! Voyage en parralèle, arrivée simultanée, droit sur la tomme et le reblochon.  Visite à Marcel et Claudia, cause livraison kouign aman . Montée express vers le chalet, il fait doux, transpiration, c'est quand qu'on arrive?Tant mieux, rien n'est gelé! En moins de deux la grande baraque redémarre, eau et chaud! Distribution des lits, pâtes, vin et fromage, rideau! Nuit agitée pour les uns, sans fin pour les autres, paisible pour certains...ce matin, la brioche est reine mais le pain prépare sa revanche!



        

  
     Et puis les grandes manoeuvres! Break se repose sagement au parking, Pick Up, lui,  monte fièrement,  avec les bagages, malgré la glace, et puis d'un coup,  près du but, dans une pente un peu raide, il  glisse en arrière, sans crier gare! In extrémis, il  trouve refuge à reculons dans une entrée de champ. Ouf! Un peu juste. Et le matin, Pick up chiffoné, doit redescendre...mais ça c'est une autre paire de roues! pneus été, pas de chaînes, la totale! mais Pick up n'a peur de rien et vu le prix des chaînes , ce sera pelle et pioche, pour le demi-tour! Ensuite, fesses serrées, bec et ongles accrochés à la glace,  craboté à mort, c'est la descente infernale...à 2 à l'heure, une misére! et que je te parte au lof quand la pente se fait traître et que je me raccroche au talus quand l'abime se rapproche. Malvoisin, enfin, sphynctères relachés, Pick Up respire, il a vaincu les éléments, bravo! la vie peut reprendre son cours...on est bien peu  de chose! Break, lui, se réveille, tranquille, et se marre!
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       La neige amuse les enfants, les petits et les grands, ici pour eux c'est du bonheur, quand elle est là! les conditions, cette année, ne sont pas  bonnes... pluie et douceur, la glaise apparaît, tartinant les chaussures et les parquets. Neige qui fond, désespérante et salissante...Soir du 25, il a fait moche toute la journée, et puis, en fin d'après midi, on a cru voir venir la neige. On s'est réjoui, on a même applaudi. Mais le temps s'est réchauffé et la pluie s'est installée. Je suis parti marcher vers les hauteurs, prendre l'air, respirer un peu, et j'ai vu la terre affleurer sous le grésil, le blanc peiner à s'installer. Je me suis endormi un peu triste, je n'ai pas très bien dormi, et, au petit matin,  j'ai eu froid. Je me suis levé, j'adore l'heure matinale , où, seul dans la pièce principale, je remets la maison en ordre de marche... j'allume le feu, j'infuse le thé, je coupe le pain, radio en sourdine et je lis en déjeunant accoudé au bar. Ce matin, morose, j'ai un peu tardé à ouvrir les rideaux. Je me décide enfin. Stupéfaction! le blanc est revenu, sans bruit, dans la nuit ! Il fait froid et sec, la neige est partout et s'accroche à tout! Spleeen balayé, une joie enfantine m'envahit. J'ouvre la baie, la fraîcheur me saisit, je regarde le thermomètre, 5 degrès de moins, le monde est transformé!








        A Noël la-haut, la neige est un cadeau! Il arrive cependant qu'en plus de la neige, on se fasse des cadeaux. Le vent fort et la pluie ont laissé planer,  cette année, une grande incertitude  sur l'heure de passage du Père Noêl! Certains, pressés, l'attendent à l'heure de l'apèro, d'autres, plus traditionnels, parient sur minuit, l'heure solennelle, et les derniers, carrémént pessimistes ou  épuisés, ne l'espérent que pour le lendemain! 

     C'est sans compter sur l'activité inlassable de la princesse Paola! Non contente d'avoir balisé le terrain, elle fait sans cesse, durant le repas, l'aller-retour entre son assiette et le balcon, et balaie le ciel avec sa torche pour lui indiquer le chemin! 23 heures, il ne reste du poulet au roquefort que la carcasse et quelques marrons.  Un léger  bruit, dehors, on se précipite, c'est Lui! Lui qui? Mordoré dans sa robe gonflée par l'hiver et le vent,  Maître Goupil, le renard, par l'odeur allêché, apparaît dans toute sa splendeur, salue la foule, et s'en repart dans l'ombre, trotte-menu . Extraordinaire! 

     


         Mais que fout le Père Noêl? La princesse fatigue à balancer son bras vers le ciel! Et si le renard était un messager du vieux bonhomme à la barbe blanche, venu annoncer qu'il s'est perdu, qu'il a tourné en rond et qu'il est reparti? Paola n'en mène pas large...Tout à coup un grand fracas, un éclair rouge et blanc, et puis plus rien! Sous le sapin cependant, un grand sac, débordant de présents! Il est donc venu et là, pour le coup, déjà reparti! Personne ne bouge! c'était donc ça! la livraison du Père Noël... La ruée, et, calme, chacun son tour, le grand déballage! C'est trop! il en restera juste au petit matin, une montagne de petits pâpiers... et quand même, le souvenir du plaisir...


     Le lendemain, tout le monde dort encore, Paola, dégrisée, me fait une confidence.Elle a réfléchi pendant la nuit! le père Noël à lui seul, me dit elle, ne peut pas fabriquer tous ces cadeaux. Il en fait juste quelques uns, et les autres, et bien ce sont les parents qui les achètent et les envoient au Père Noël, qui se charge de la distribution...C'est aussi simple que ça, faut quand même pas la prendre pour une bille..!






Tim et les moutons, décembre 2013




             Ce petit enfant joueur est un grand provocateur de moutons et un dangereux récidiviste. Il appartient à la tribu des Mothées et se prénomme Tim. Son père,  un immigré bordelais, se délecte des heures durant du spectacle des camions brulant sur la Dordogne. Heureusement sa mère est une femme sage qui adore les kiwis. 

         Son oncle quant à lui s'en est pris sans pitié à de malheureux sapins alignés, et, circonstance aggravante, précisément le jour de Noel. A sa décharge, le contrat sur ces malheureux arbres lui aurait été commandé par sa mère, dont la haine pour les conifères et la chair de mouton est bien connue, mais on ignore encore le montant de la transaction. On dit qu'ils comptent sur le beau père et son souci du détail pour faire disparaître toute trace du délit. Vous avez bien noté que cette femme , bio sous tout rapport, est aussi la grand-mère du petit provocateur, comme quoi les chiens ne font pas des chats! 

           Nous apprenons à l'instant par la copropriétaire des moutons que l'une des brebis provoquées donne actuellement des signes de mise bas prématurée et lance un appel à la mère du jeune Tim, dont c'est la spécialité...la rédaction transmet la demande en urgence. 

           Nous ne dirons rien pour le moment de la tante et des cousins, qui ont déjà eu les honneurs de ce blog!.... Mais quelle famille! 









             Vous avez sans doute remarqué que le jeune pré-délinquant, est sorti épuisé de l'avenure et qu'il s'est endormi sous ses lauriers...




samedi 4 janvier 2014

Landes et Pyrenées, novembre 2013

        

        

             




         Départ pour le sud, première étape, Bias, dans les Landes, près de Mimizan, la maison familiale de Denis et son frère, où il nous attend, avec Christine son amie. Depuis longtemps, il aimerait  nous y voir passer quelques jours.
         Je sais aussi que " la Maison du Retour" pour Jean Paul Kaufmann, est nichée quelque part dans le coin. Je suis donc curieux. Arrivés à 17h, nous sommes repartis le lendemain à midi, après une petite incursion sur les côtes infinies, dédaignant la pintade de Christine.




             Cap sur Tarbes, puis Lannemezan, je sais qu'Armelle, notre amie sans fronières, et ses copines randonnent tous les ans dans le coin. Un petit coup de fil et nous voilà vite orientés, cap sur la vallée du Louron et le petit  village de Loudenvielle. Charmant camping en terrasse, le sommeil nous a pris deux jours entiers, malgré le vent qui descend la montagne en ronflant.

           





                 Partis marcher, nous sommes servis, déjà logés à 1000 m, nous prenons vite de l'altitude . Les couleurs sont magifiques, somptuosité de l'automne, le soleil incliné favorise les contrastes. Nous retrouvons les sensations du Grand Paradis, en Italie. Il fait beau, il fait chaud, inhabituel pour la saison, colchiques dans les prés s'écrasent sous nos pieds . Bonheur d'arpenter les chemins d'altitude et  luxe d'avoir  trop chaud à 1500 m, au seuil de l'hiver.  Mais la nuit est précoce,  la fraîcheur insidieuse et longue  la soirée, à la lueur parcimonieuse des frontales à l'ouvrage. Et puis la météo s'en mèle, fini l'automne indien, la neige est  annoncée et le vent  forcit. Cap sur la plaine!



                Ville ou campagne? Toulouse n'est pas  loin, j'aimerais, mais c'est une grande ville, et nous sommes là pour courir la campagne.  Heureusement, tout près, Moissac , son cloître, son raisin, juste plantée à la croisée du Chemin de St Jacques et du Canal de la Garonne, le Canal du Midi commence à Toulouse. Pour les marcheurs que nous sommes c'est tout bon. Le Routard et le téléphone nous donnent le gite, une chambrette spartiate dans un ancien Carmel devenu centre d'hébergement internationnal  avec, pour moins que le prix d'un Formule 1, accés à la douche, aux toilettes, à la cuisine et au salon, le tout agrémenté d'un joli petit cloître qui surplombe la ville. Dédié à l'origine aux pélerins, financé par le club alpin français et interdit (sic!) aux travailleurs agricoles et aux sans domicile fixe, il tolère en période creuse les marcheurs motorisés que nous sommes. Il abrite aussi un stage de "développement personnel" ( exaltant mais sinistre) et la rencontre de quelques clowns bénévoles ( torturés la nuit, défaits aux petit matin ). L'apèro du soir guérit bien des blessures. Fanny de Vannes anime le centre, son fiancé est là qui la visite, Fanfan la crépière est venue de Pléchatel avec son Philippe, animer le fest-noz de l'année au profit des enfants nés pas laids. La cause est bonne , les crèpes aussi et le plaisir est là, simple comme une évidence.





       Et voici Catherine avec Heloise sa fille,on aurait dit 2 soeurs, elles n'ont pas le moral, elles ont trouvé Moissac mal embouchée, elles ont faim et cherchent du réconfort! Elles le trouvent. Catherine est architecte à la ville d'Orléans et peine à surmener son équipe de 17 mercenaires, Héloîse lève des fonds et cherche du travail en rèvant d'un bel israélien. Catherine est née à Brest, dans les voitures... Elles marchent en souvenir de leur fils et frère, disparu l'an dernier, après bien des tourments. Le lendemain nous avons fait route avec elles, sur quelques kilomètres, le long du canal et pillé leur garde manger. Je trouve le mot partage en général bien galvaudé, mais ce jour là, sur un banc public, avec trois femmes charmantes, j'en ai redécouvert le sens.






         Il est temps de remonter, mais pas trop vite, pas d'une traite. Fin d'après midi, Héloîse et Catherine envolées, on plie bagages, en direction d'Agen. La quête d'un camping, vaine, se termine au centre ville, à l'hotel. Asepsie et solitude, après Moissac, mais intime et reposant, le charme des contrastes. Et puis le délicieux restaurant où nous avons nos habitudes, alors que souffle dehors la bise aigrelette, rapproche les voyageurs et ceux qui les accueillent.

         Lendemain de fin, petit détour par la Rochelle, profiter encore un peu de l'insouciance propre aux voyages, son vieux port, son phare et sa tour, impossibles à rater. C'est une bien belle ville fortifiée de bord de mer, hélas gachée par l'affluence du monde et de trop vilaines frites. Dans la petite rue d'accés à la cohue du port, accroché au mur, cet étonnante petite fresque de bronze, représentant la kyrielle des générations.

         Notre remontée vers la maison se fera dans la nuit et sous la pluie diluvienne, lessivant nos regrets.