mercredi 9 octobre 2013

Venise, juillet-août 2013


          Venise, 2013, la bande est au rendez vous. Echelonnés, Padrino bon dernier, moi pas loin devant, la moitié des filles a voyagé de nuit, par le train et la diva est déjà italienne depuis un petit moment. Accueil surprise au vaporetto, émotion!

        Nous logeons au Lido, le lido de la Mostra, à deux pas des hotels monstrueux et célèbres, dans un joli appartement à moitié enterré, gage d'un peu de fraîcheur, donnant sur un piêtre jardinet. La baignade est de rigueur dans l'Adriatique, matin et soir. Pas pour moi, malgré la chaleur, la fraîcheur je la trouve sur l'eau, pas dedans...

       Chaleur et Biennale voilà les deux variables incontournables de ce séjour, toutes les deux imprègnent la cité des Doges, en cet été de plomb.

       La chaleur, d'abord, c'est mon troisième séjour, je n'ai jamais été accablé à ce point. Même les Vénitiens ont trouvé ça mortel! seul recours, ne pas bouger , ou bien alors sauter à l'aube dans le vaporetto, pour aller sur la lagune, boire un café matinal à Burano ou à Chioggia, avant l'arrivée des sauterelles.

      La Biennale ensuite, depuis un siècle elle conquiert Venise tous les 2 ans pour de nombreux mois. Difficile à rater et pourquoi pas s'y risquer! Il y a l'officielle, sur deux sites principaux, dont l'Arsenal, et la off en accès libre, un peu partout dans la cité lacustre. Il suffit de pousser la porte, pour découvrir les palais inaccessibles, et les performances, et les installations, et les mobiles et les collages.  C'est parfois n'importe quoi, souvent saisissant, en tout les cas dérangeant . C'est l'art en train de se faire, à un moment de l'histoire où tout a été fait. Je peux dire, cependant, qu'après avoir baigné dans Venise sous Biennale, sans en être fou, la visite des musées plus classiques, m'a semblé  bien statique, même celle du très beau musée Gugenheim. Ne parlons pas de Pinault, de Grassi et de la Dogana, les avis sont trop partagés.

       Je regrette de ne pas avoir pu marcher dans Venise. J'ai aimé l'Accadémie et la légende de Ste Ursule, j'ai retrouvé Tintoret au fond d'une petite église d'un quartier isolé de Venise, je me suis perdu entraînant la troupe après moi et perdant du même coup la confiance de Piccolina...

      Le dernier soir fut grandiose, dans une église surchauffée, Vivaldi à la fraîcheur des programmes en guise d'éventails et le retour par le grand canal, dans la beauté de la nuit vénitienne illuminée. Le lendemain ce fut le brouillard du départ....

      Texte d'Armelle:

      voilà mon souvenir... j'ai été voir.

                                         Spritz

      Bitter Campari. Diana et Sara. Marguerite. Les petits chevaux de Tarquinia. Dix par jour. La mer, la chaleur atroce, la torpeur, l'amour atroce, la mort. Rouge et amère.
      Les gros morceaux de glace. La fraîcheur, la fin de la soif.
      L'italien dit: "Prosecco", "Champagne".
      On a souri.
      La tranche fine d'orange. La grosse olive verte. A la terrasse magnifique du bar magnifique du Lido. Pas loin du débarcadère.
      La lagune. Chaleur atroce, la torpeur, le soleil rouge sur Saint Marc. Rouge et amère.
                                      
                                                           Armelle.

                        Et celui de Marivona

                        Un p'tit bain 
                        Dès le matin
                        Sur l'grand canal
                        Vers la Biennale
                        Vaporetto,
                        Photos,
                        A gogo !
                        Sans oublier l'apèro
                        Au Lido
                        C'était chaud!
                        Ah! c'était com'ça !?
                        A Venezia...
                        La! la la, la la,
                        La la !!
                                                          MarieVonne

                        Michèle aussi a dégainé
                        
                        Pendant que certains(es) étanchaient leur chaleur et leur soif, par des rafraîchissements pas toujours catholiques,
                       d'autres s'enfonçaient dans la sombre fraîcheur ecclésiaste pour mieux s'élever à l'unisson des vierges belliniennes
                        toutes sublimes, nécéssairement sublimes...

                                                             Michèle


Padrino, débarquement

     

Une arrivée à Venise, en avion , le soir, la matinée avait  démarrée très tôt, puis train et une après-midi a traîner dans Orly( pimentée par une petite évacuation du hall, -  alerte à la bombe )

Vu du ciel , c'est déjà très beau: on dirait un gros poisson, aux écailles rouges, à l'arête de grand canal, perdu dans la lagune et les herbiers.Qu'elle joie d'être à nouveau là.

Et, dans le bus, l'impatience et l'interrogation: tiens, il y a des raffineries, des échangeurs autoroutiers, des garages. Retrouverais-je cette splendeur que j'aime tant et qui ,ici, semble hors du temps et irréelle?

Mais sitôt à bord du vaporetto, ça y est ,c'est ça, c'est magique: il fait nuit maintenant, et c'est encore plus beau.
Glisser résolument sur l'eau, rejoindre le canal de la Guidecca, frôler les monstres à 15 étages alignés comme des immeubles venant profaner la Sérinissime, puis fller le long de sombres canaux et de palais se découvrant au hasard des éclairages. Quelle merveille et quelle chance d'être à nouveau dans cette beauté .Mais quelle chaleur !!!

Une impression de dépaysement, d'aventure comme chaque fois que je prends un bateau,un grand plaisir à fendre les flots à bord de cet autobus des mers, dans ce décor sublime; l'impression aussi d'être avec des amis, solidaire de la même barque.
On rejoint le bassin de Saint Marc, parmi les embarcations de toute sortes : vaporetto,  vedettes rapides, bacs, barges chargées de voitures, gondoles dont on se demande comment elles font pour circuler parmi tout ce monde ,qui chacun trace sa route en tout sens , à toute vitesse ou au rythme lent des rames. Le vent dans la figure et le bruit de l'eau contre la coque, le clapôt déclenché par le passage d'un gros bateau illuminé comme à Noel: des trous de lumière dans la pénombre. L'air marin qui parfume le soir. Bon dieu ,mais ce qu'il fait chaud!!!

On longe les Giardinis pour arriver au Lido.Ben quoi ?, il y a des voitures ici? Et puis parmi les les jardins sombres et les hautes maisons, franchir une grille , entendre des voix familières dans la nuit , sauter un petit grillage: voilà, salut la compagnie.

                                                    François

                
                Ainsi parla Piccolina

                          Légèreté de l'air, habillés de quelques morceaux de tissu,légers, légers, 

             fini ce printemps lorientais interminable passé à se calfeutrer, 

          s'emmitoufler.


                   libres comme l'air, c'est si facile de se déplacer ici, 
              
les vaporettos! on les prend, on les quitte, c'est si simple.
              
une semaine sans "quatre-roues"!
                     
    
    et mobiles pourtant, un saut à droite et nous voilà à San Michele, un 

saut d'un autre côté et nous voilà à l Arsenal, ébahis, éberlués, et nous 

voilà 

      dans le Ghetto où il n'y a pas un chat; il fait chaud, oui, mais c'est si bon. 


     (ps: mais si! bien sûr, - et le texte de François me le rappelle-, il y a des 

quatre-roues au Lido, mais je les avais complètement oubliés quand j'ai 

écrit ces quelques lignes)

                                             Christiane






















lundi 7 octobre 2013

Norcière, juillet 2013


             Les années passent et le confort s'installe, sans dénaturer pour autant la  naturelle simplicité du lieu. Chalet magique,  à mon sens, et sentiment partagé ! l'eau chaude est enfin bien installée, oui, Laurent, et la salle de bain a changé d'âme! la maison a pris des couleurs, merci Julie, Arielle et Mattéo! Et quelques bons matelas tout simples désormais posés sur des pieds ont facilement trouvé leur place!  Pétrolette a réchauffé l'ambiance, et, sans compter l'isolation du plafond,  Gaspard est prêt à l'action.... Barnabé, quant à lui, à nul autre pareil, assure toujours, dans toute sa puissance.







      Restait à installer vraiment la lumière du jour, à la faire affluer dans la pièce principale, faire de cette ancienne étable une aurore boréale, et tenter d'y faire entrer la montagne, restée toutes ces années à la porte, obstinément. Pour cela il a fallu se décider, comme si cela relevait de la force d'un titan ou de la malice des elfes. Et puis avoir le culot et la force de trouer ce mur vieux de plus de 120 ans. C'est fait, voici le maître à l'œuvre dans toute  sa détermination. On peut voir sur la photo, l'épaisseur du mur et la friabilité mais aussi la souplesse du mortier. On devine  l'habileté du maçon à la taille des cailloux! Il a fallu  trancher dans le bois et toucher à la ruche, c'est ainsi qu'on appelle la partie supérieure des chalets, posée sur la partie maçonnée avec son mur de refend.





          Et voilà, les montants ont été installés et le cadre posé. Reste la maçonnerie à terminer. Le premier côté a été découpé à la lapidaire, la poussière s'est infiltrée partout dans  la bâtisse, jusque sous mon chapeau, et du coup, le deuxième côté on a préféré le démonter! de la truelle en plus , de la poussière en moins!






          Le maître d'œuvre contemple l'ouvrage. On voit l'ancienne porte appuyée contre la rambarde, ce qui donne une idée de la dimension de la nouvelle ouverture. La lumière entre à flot et dès le matin le soleil vient inonder la table du petit déjeuner. Le sureau va disparaître et la rambarde aussi. Pourtant je l'ai taillé soigneusement l'été passé, dans l'espérance de nouvelles baies et de délicieuses confitures. Cuit, c'est fameux, cru c'est affreux! le cadre est posé, c'est tellement bien qu'on hésite à mettre les coulissants, mais comme la bise n'est jamais loin....on s'est résignés! le montant des coulissants a barré le cadre, mais la rambarde enlevée a dégagé la vue.


              Le maçon en chef est passé par là, et pourtant les cailloux n'étaient pas engageants. On devine le montant, issu du chalet d'origine. C'était une partie du plancher du fenil, les chars à foin rentraient directement par la grande porte, en provenance de la pente et déchargeaient l'herbe fanée, avant de repartir pour un nouveau voyage. Les interstices entre les poutres permettaient le séchage. C'est un chalet d'alpage, uniquement occupé l'été, à l'occasion de la transhumance. L'hiver, on venait avec le traîneau et les chevaux, chercher le fourrage nécessaire au bétail descendu de l'alpage. En montagne à partir des premières neiges, vaches, chèvres et moutons restaient  à l'étable les six mois de l'hiver. Il en  fallait donc, des tonnes et des tonnes  en réserve, pour nourrir le troupeau.





               Les coulissants posés, la semelle coulée, maçonnerie terminée, Yvon rentre, conscience apaisée et mission terminée. La montagne vient avec bonheur se mirer dans la partie fermée et le sac déposé vient rappeler  à propos la terre où nous sommes nés. Il reste quelques trous à fermer, un peu d'enduit pour fignoler. L'intérieur reste à faire, il est fait, le bois à rentrer, il est rangé...






                    Après le chantier, la vie reprend ses droits, on devine le fauteuil, tout de rouge vêtu, qui attend le rêveur. Et l'habitant debout, contemple son domaine! le bout du balcon!  le seul endroit aussi ou l'on peut converser par téléphone inter posé! pour être à l'écart on n'en est pas pour autant coupé!




               L'été est terminé, les volets fabriqués, posés, le bois rangé, abrité, la nuit même est tombée. Le bois c'est une aventure, y a qu'à se servir, dit-on! On a nettoyé le torrent et remonté  le versant. Là, des troncs, sur le sol et dans la  terre, depuis bien longtemps. Franchir la rivière - elle est belle  avec sa lumière tamisée et ses rochers luisants éclaboussés- s'accrocher dans la pente, dégainer la tronçonneuse, trancher dans le vif, acheminer les bûches jusqu'au courant,  les faire sauter le ruisseau, les remonter jusqu'au chemin, puis jusqu'au chalet, les débiter et enfin, enfin, les ranger, sous le balcon, en attendant... et tout ça avec nos petits bras, sur nos petites jambes... épique je vous dit, et pas d'époque!







Plateau de l'Aubrac, juin 2013





           Juin 2013, nous avons décidé de partir deux semaines pour saluer la fin du printemps. Mais où donc, où donc trouver un peu de soleil et de chaleur, car il nous faut aussi fêter la promesse de l'été. Il neige en montagne, il pleut des cordes sur la France entière, les rivières débordent un peu partout, le températures sont en chute libre. Nous avons déjà connu ça en Irlande l'année passée. Ca suffit!
 
 
 

Il apparaît qu'en Laponie  les cieux sont plus cléments. Hélas nous ne disposons pas du temps suffisant pour nous joindre à la transhumance nordique. Et l'idée du réveil des moustiques a vite fait de nous vacciner contre l'idée. On murmure qu'à l'abord des Cévennes le temps serait plus doux et le ciel plus bleu. Soyons fous, tentons notre chance, en route vers le Sud Est et la méditerranée ! 

 
 
 
         Notre idée c'est d'aller nous mettre à l'abri des dépressions derrière les volcans d'Auvergne. Là  gisent la Margeride et L'Aubrac, c'est là aussi que prend sa source, le chemin de Compostelle. On a déjà effleuré le coin, un tout petit peut gouté à l'aventure des jacquets, rien de bien sérieux, jusque là. l'Aubrac est un grand plateau montagneux qui s'étage entre 1000 et 1300 mètres et qui se déploie sur 3 départements . L'idée de marcher à plat dans les hauteurs nous plaît bien. L'effort est bien là mais la descente est plus douce. Il y a aussi des lacs et des ruisseaux jaillissants. 
 

Nous avons planté la tente en contrebas du plateau, dans la petite ville de Marvejols. Paix royale! Et tous les matins nous avons pris la route pour arpenter le paradis des grands troupeaux. En ce printemps naissant tous les êtres vivants recherchent la caresse du soleil, on se marcherait presque dessus! cette splendide vipère nous avons failli l'avoir sous le pied! Elle n'avait pas l'air pressée de quitter le chemin, non mais!


 
           Tous les ans 120 000 têtes de bétail, de la race Aubrac, sauvée de justesse de l'extinction, montent, en camion pour la plupart, prendre leurs quartiers d'été dans la steppe balayée par le vent. seules 1000 bêtes transhument à pied, pour le bonheur des touristes et de marcheurs ici point de Far-West, les parcelles pour être vastes, n'en sont pas moins délimitées au cordeau par des  murets de pierres sèches et des fils barbelés. Chacun chez soi!
 
 

                  A vrai dire si la race d'origine subsiste encore c'est à cause de sa rusticité. Mais le but n'est plus de fabriquer du fromage, seul  un buron fonctionne encore. L'Italie  est folle des veaux d'Aubrac, les éleveurs ont donc demandé au Charolais d'y rajouter sa qualité de race à viande! La vache locale à perdu de sa couleur et gagné des rondeurs.


         Le Tarn n'est pas loin. Il a plu à la fin de la semaine. Il a fait froid. Nous avons poussé un peu plus loin. Jusqu'à St Chély du Tarn. Le détour en valait la chandelle. Nous sommes revenus par le Causse, à l'abri dans nôtre belle auto. Le lendemain, nous avons profité d'un éclaircie pour plier nos bagages et aller voir ailleurs...