lundi 8 avril 2013

Norcière, mars 2013


l'activité intérieure intense ne produit pas vraiment de chaleur, mais à l'abri de l'agitation habituelle, la paix favorise la lecture, et Barnabé efficacement secondé par Pedro assure le confort nécessaire. Bien sur il faut nourrir les deux compères, monter le pétrole, trouver le bois, le couper, le monter, le sécher.... femme lit, concentrée, chaudement  calfeutrée, le dos contre le caillou, mais qu'importe,  l'histoire l'emporte!
 
 

Activité intérieure intense également, Fred s'endort, à peine posé dans le fauteuil près du poêle. La journée a été longue, la nuit pas forcément bonne, en charge tout seul de ses deux loupiots, entre la toilette, la vaisselle, les sandwiches et le ski, faut assurer! Mais l'homme aux trois poumons en a vu d'autres, et assure, avec le sourire. Et puis le soir venu et même le matin il faut jouer, au boggle, précisément, parties acharnées, qu'il remporte aisément. Il doit aussi avoir un œil supplémentaire. Et puis les mots fléchés, les sudoku, les mots croisés, pas étonnant qu'il roupille!
 
 


les deux loupiots, quand à eux ne perdent pas le nord et sympas avec ça, il en faut du courage pour remonter tous les soirs le chemin neigeux, mollasson, malaisé! ils ne courent pas après la douche, juste un peu, pourtant l'eau chaude est là désormais, à profusion. Accrocs eux aussi, de jeux et de mots.
 

Le repos du bienheureux, sitôt assis sitôt dormant...décidément. Lieu du sommeil pour les hommes, fatigués par les travaux ! capacté d'endormissement à nulle autre pareille, en voiture (sans volant), dans la nature, partout ses yeux se ferment dans l'instant, heureux homme! d'autres y arrivent moins bien, il faut veiller, sinon, sinon quoi? le jour pourrait ne pas se lever, les enfants ne pas rentrer, mon mari se cabosser, alors je veille... au grain.
 

les hommes dorment, les femmes lisent, en attendant le réveil des hommes. Elles veillent sur le temps qui passe, elles dégustent cet instant là, elles voguent sur la beauté des histoires, sur l'horreur des sentiments , elles vont elles aussi dans un autre temps, dans un autre lieu, mais l'oeil ouvert, l'oreille attentive, elles font le guet, elles montent la garde, elles veulent voient venir car " ne pas prévoir c'est déjà commencer à gémir".

 

Il y a la noblesse des sentiments, il y a  la somptuosité des montagnes enneigées, il est tombé 10 mètres, peut être 15 sur les sommets cet hiver, un pur enchantement, il y a la clarté du ciel, la fraîcheur et la chaleur du soleil en ce dimanche enchanté. Pourtant la neige est ferme sous le pied, et la raquette superflue. On voudrait que ça dure toujours, allongé sous l'avant toît, le visage au sud, j'entend goutter la neige qui m'éclabousse, je rêve et je dérive d'un seul tenant, rassemblé pour une fois, palpitant doucement, vivant....
 
 


le lendemain c'est la tempète, le vent du sud  assassine , la neige court à l'horizontale, sans trêve. On reste dedans, le poele travaille, on lit, on range, on écoute, on s'endort. Le vent est tombé durant la nuit, la neige aussi, drue et fine, jusqu'en dessous du genou, on sort, on s'enfonce, on tombe, et à nouveau le fil de la cloture s'est chargé de blanc. Pourtant il faut partir, fermer jusqu'à la prochaine venue, jusqu'au prochain bonheur! je déteste quitter, vider les lieux, poser les volets, couper l'eau, vidanger les siphons, relever les disjoncteurs. Arrêter la vie.

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