lundi 7 octobre 2013

Norcière, juillet 2013


             Les années passent et le confort s'installe, sans dénaturer pour autant la  naturelle simplicité du lieu. Chalet magique,  à mon sens, et sentiment partagé ! l'eau chaude est enfin bien installée, oui, Laurent, et la salle de bain a changé d'âme! la maison a pris des couleurs, merci Julie, Arielle et Mattéo! Et quelques bons matelas tout simples désormais posés sur des pieds ont facilement trouvé leur place!  Pétrolette a réchauffé l'ambiance, et, sans compter l'isolation du plafond,  Gaspard est prêt à l'action.... Barnabé, quant à lui, à nul autre pareil, assure toujours, dans toute sa puissance.







      Restait à installer vraiment la lumière du jour, à la faire affluer dans la pièce principale, faire de cette ancienne étable une aurore boréale, et tenter d'y faire entrer la montagne, restée toutes ces années à la porte, obstinément. Pour cela il a fallu se décider, comme si cela relevait de la force d'un titan ou de la malice des elfes. Et puis avoir le culot et la force de trouer ce mur vieux de plus de 120 ans. C'est fait, voici le maître à l'œuvre dans toute  sa détermination. On peut voir sur la photo, l'épaisseur du mur et la friabilité mais aussi la souplesse du mortier. On devine  l'habileté du maçon à la taille des cailloux! Il a fallu  trancher dans le bois et toucher à la ruche, c'est ainsi qu'on appelle la partie supérieure des chalets, posée sur la partie maçonnée avec son mur de refend.





          Et voilà, les montants ont été installés et le cadre posé. Reste la maçonnerie à terminer. Le premier côté a été découpé à la lapidaire, la poussière s'est infiltrée partout dans  la bâtisse, jusque sous mon chapeau, et du coup, le deuxième côté on a préféré le démonter! de la truelle en plus , de la poussière en moins!






          Le maître d'œuvre contemple l'ouvrage. On voit l'ancienne porte appuyée contre la rambarde, ce qui donne une idée de la dimension de la nouvelle ouverture. La lumière entre à flot et dès le matin le soleil vient inonder la table du petit déjeuner. Le sureau va disparaître et la rambarde aussi. Pourtant je l'ai taillé soigneusement l'été passé, dans l'espérance de nouvelles baies et de délicieuses confitures. Cuit, c'est fameux, cru c'est affreux! le cadre est posé, c'est tellement bien qu'on hésite à mettre les coulissants, mais comme la bise n'est jamais loin....on s'est résignés! le montant des coulissants a barré le cadre, mais la rambarde enlevée a dégagé la vue.


              Le maçon en chef est passé par là, et pourtant les cailloux n'étaient pas engageants. On devine le montant, issu du chalet d'origine. C'était une partie du plancher du fenil, les chars à foin rentraient directement par la grande porte, en provenance de la pente et déchargeaient l'herbe fanée, avant de repartir pour un nouveau voyage. Les interstices entre les poutres permettaient le séchage. C'est un chalet d'alpage, uniquement occupé l'été, à l'occasion de la transhumance. L'hiver, on venait avec le traîneau et les chevaux, chercher le fourrage nécessaire au bétail descendu de l'alpage. En montagne à partir des premières neiges, vaches, chèvres et moutons restaient  à l'étable les six mois de l'hiver. Il en  fallait donc, des tonnes et des tonnes  en réserve, pour nourrir le troupeau.





               Les coulissants posés, la semelle coulée, maçonnerie terminée, Yvon rentre, conscience apaisée et mission terminée. La montagne vient avec bonheur se mirer dans la partie fermée et le sac déposé vient rappeler  à propos la terre où nous sommes nés. Il reste quelques trous à fermer, un peu d'enduit pour fignoler. L'intérieur reste à faire, il est fait, le bois à rentrer, il est rangé...






                    Après le chantier, la vie reprend ses droits, on devine le fauteuil, tout de rouge vêtu, qui attend le rêveur. Et l'habitant debout, contemple son domaine! le bout du balcon!  le seul endroit aussi ou l'on peut converser par téléphone inter posé! pour être à l'écart on n'en est pas pour autant coupé!




               L'été est terminé, les volets fabriqués, posés, le bois rangé, abrité, la nuit même est tombée. Le bois c'est une aventure, y a qu'à se servir, dit-on! On a nettoyé le torrent et remonté  le versant. Là, des troncs, sur le sol et dans la  terre, depuis bien longtemps. Franchir la rivière - elle est belle  avec sa lumière tamisée et ses rochers luisants éclaboussés- s'accrocher dans la pente, dégainer la tronçonneuse, trancher dans le vif, acheminer les bûches jusqu'au courant,  les faire sauter le ruisseau, les remonter jusqu'au chemin, puis jusqu'au chalet, les débiter et enfin, enfin, les ranger, sous le balcon, en attendant... et tout ça avec nos petits bras, sur nos petites jambes... épique je vous dit, et pas d'époque!







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