Le Jura, hiver 77, les images défilent, des images d'un autre temps, d'une autre vie, les ombres dévissent entre terre et neige, des chutes, à la pelle, on en rit encore... Derrière la caméra, Anne Marie!
Plabennec, 2O11, devant l'écran, on essaie de se souvenir: celui là, c'est qui? Il est derrière toi. Celle là, je ne m'en souviens plus, c'est quoi son nom déjà? Celui-là est en prison, une dispute, un coup de feu... Ah! là, le jeune torse nu, il n'est pas resté longtemps, il a traversé la Sarthe, en tracteur, avant d'être pris par les gendarmes...
34 ans plus tard à l'invitation d'Anne Marie, nous voilà pressés les uns contre les autres. La fête est belle, plus légère, moins rude en émotion que celle de l'an passé : c'était trente années à contracter d'un coup, l'érosion du temps dans les yeux des autres, les intimes devenus étrangers.
Plabennec 21 octobre 2011, cent personnes sont venues faire la fête à celle qui s'en va, elles sont là, Josie, Guilain, Cathy, Najib, Odile, Olivier, Jean et les autres...d'autres n'ont pas pu. Alors on en parle et ils sont là pour elle, unique et belle. Anne Marie tourne la page, tourne et tourne encore, dans un petit extrait filmé en noir et blanc, fluide et renversée, à l'envers du monde.
Renversante Anne Marie, celle qui tourne et se retourne, tournée vers les autres. Pour elle la nuit n'est jamais finie, elle vous parle, elle vous scrute, elle vous cherche, elle vous crée.
Et si vous laissez aller, elle vous embarque sans effort dans la galaxie sans fin des histoires de sa vie.
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