mardi 11 octobre 2011

A pied en Bretagne 2, de Morlaix à Plouider, septembre 2011

Mardi 26
Après une journée de repos, accueilli par Alain et Liliane, je reprends le sac et le bâton, en direction de Saint Pol de Léon. Alain me dépose à la sortie. Photo. Sur la route mon pas déroule sans difficulté. La journée de repos et celle à flâner dans les Monts d'Arrée m'ont fait du bien. Dès 10 ans la pension,  à Saint Pol. Je n'ai pas aimé. J'ai fait trois fois le semi marathon Saint Pol-Morlaix, comme un retour à la maison. J'inverse la tendance. Je remonte jusqu'à Penzé, un charmant petit port de rivière. J'y avais un ami de pension, plus de trace. Ils refont le gite d'étape, on va pouvoir continuer à voyager avec les moyens du bord, par tous les temps. Au café du port, un paysan, il connaît la famille, surtout mon père. Je prends le chemin du bord de le rivière. La vase brille à travers les feuilles de châtaigner.
 Certains se sont annexé le bord de rivière. De fait le chemin a perdu sa continuité et son intérêt. Le sarrasin  en désordre rougeoie sous le soleil en attendant qu'on le moissonne. Je vais, doucement, dans la fraîcheur, à l'ombre des arbres. En sinuant j'arrive au Pont de la corde. Je le sens, la mer n'est pas loin. Je déjeune à côté d'une stèle rappelant le rôle joué par les pêcheurs durant la guerre. Ma route se poursuit au milieu des champs de choux, on dédrajonne encore à la main, tout au bord de l'eau. Ils sont 4. L'ancien a passé la main à ses neveux. Il n'a pas lâché sa terre pour autant, simplement elle n'est plus son souci à lui. La chaleur monte, le soleil d'automne a la force de l'été qui ne veut pas mourir. Saint Pol au loin, ses deux églises et ses trois clochers. Je revisite la Chapelle du Kreisker où j'ai si souvent entendu la messe, contraint et coupable. Quelconque, presque abandonnée, plus profonde que dans mon souvenir, elle abrite juste un beau christ au outrages.
Un sirop d'orgeat, très frais, et voici la gare. C'est ma route, j'ai l'intention d'y prendre mon billet de train pour le sud. La gare, portes condamnées, vitres brisée, je continue, amer. Il fait de plus en plus chaud, je suis condamné à la grand route, jusqu'à Plougoulm. Je dors au gite intercommunal, en plein bourg, un beau bâtiment récent, tout à fait agréable. Bonne nuit!


Mercredi 27
Je quitte Plougoulm à la lumière de ma lampe. Je ne veux pas rater Florian qui m'attend dans son foyer. Hors de question de prendre la  D 10. Trop de circulation au lever du jour. Je prends donc par la côte. Mogueriec, ensuite Kerfissien, enfin Plouescat. Trois bonnes heures. Soleil, rouge du matin. Il me suivra toute la journée, changeant sa force et sa couleur.
La côte est magnifique, un chaos marin déroule sous mes yeux, imprévisible, son alliance  de l'eau et du caillou, et va  savoir qui donc envahit l'autre. Je vais vite, le long des longs champs de courges. Les beaux fruits de la terre se détachent,  bien rangés par les hommes, sur les


longues langues de plastique noir. Je n'ai jamais cru les légumiers léonards bien sensibles au langage des fleurs. Et pourtant l'artichaut s'épanouit au bord de la mer. C'est aussi la fleur du chou qui a fait le Prince en Bretagne. J'arrive au Foyer de Plouescat pile dans les temps. Je trouve Florian au milieu de ceux qui vont peut être de venir les siens. Après quelques échanges je poursuis ma route, la D 10. Le goudron me fatigue, il fond, les voitures aussi, sur moi. Je me retrouve parmi les salicornes. La dune de Keremma enfin. J'ai faim. Je mange sur la plage, à l'ombre des hautes herbes. Restauré, je rejoins le camping d'où vont s'élancer pour 3 ou 6 kms les résidents des Foyers de la région. Quelques hectomètres avec eux et je retrouve mon indépendance. J'attaque en plein midi l'ascension de la butte qui me conduis à Plouider. Le jour de gloire, je pose mon sac. Ce soir c'est la fête avec mes amis, Odile et Yvon. Demain est un autre jour.

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