J'ai dans l'idée de parcourir la route de Vannes à Morlaix, à pied. Vannes parce que j'y habite, Morlaix parce que j'y suis né. D'après mes calculs, vu les engagements pris, travaux, repas, élections, je partirai au mieux à la mi octobre . Je prends un café sur le port de vannes. J'appelle ma fille aînée. Un chantier de finitions m'attend chez elle, le lundi. La réponse est non, les travaux ne sont pas encore assez avancés.
C'est décidé je pars. Juste un repas de Florentins, le samedi suivant.Ca m’embête, mais je décommande.Trop envie. Je me ferai allumer par la suite mais c'est une autre histoire qui viendra en son temps.
Je n'ai rien pour partir. ni sac, ni carte. J'appelle au secours le pellegrino, à moitié mort au fonds de son lit. Il me photographie toute la route bretonne de st jacques.Une vieille carte Michelin fera l'affaire, je veux tracer tout droit. Le temps d'acheter un vrai sac à dos, d'hésiter sur la cape de pluie, me voilà prêt. Urgence.
lundi 19
Me voilà sur la route de Ste Anne en compagnie de Marie Chrisine. Pour 10kms. Après je serai seul. Avec mes craintes. Dure est la route . Ma jambe droite tiendra t elle. Sinon c'en est fini des voyages à pied. L'année passée pour la première fois j'ai lâché au bout de 5 jours avec jean noël, douleur trop forte au genou droit. pas d'arthrose dit la radio.et puis mon vieux tendon souffre un peu plus depuis l'été.pas de bâton? J'en ai 4 au seuil de ma porte qui attendent, mais pas d'embout pour atténuer le bruit. Je ferai sans. un moment.
La météo est moyenne, gris mais pas de pluie. Les k ms s'enchaînent, vite, trop sans doute. Je suis content. Je suis parti. Trop de choses me poussaient à rester. Repoussées! Libre. Mériadec, un café,un massage, une graine de courge, c'est reparti. Je pensais dormir à Brech. jJai quelques numéros de téléphone en poche. A midi j'y suis déjà. Je rencontre Adrian,un ami, par hasard. Pas vus depuis 6 mois. Repas avec lui et Claudie sa femme, chaleureux, Adrian veut partir aussi, on se retrouvera. Je continue.
mardi 20
Pluvigner ensuite. Je m'arrête, je poursuis, je ne sais pas. Je m'arrête.rien pour dormir, le seul hôtel est fermé, un pilier local me fera rouvrir une chambre d'hôtes.Une vraie suite. Chez des agriculteurs. Gaêl et Tao viennent me visiter. Le lendemain Mme L. me pose sur la route de Languidic, plus tard Mr L. viendra me porter les cartes oubliées. Ca commence bien! Malachappe, je pars à la perpendiculaire et perds 10kms. Je commence à sentir genou et cheville. Ma belle humeur fuit. Taxi. "Que ce la vous serve de leçon" dit-il, débordé. J'atteindrai difficilement Plouay le soir, je mesure les limites de l'exercice, au deuxième jour.Mais j'ai fait 60kms.
mercredi 21
Direction Le Faouet par Guiligomarch. La veille j'ai demandé à l'animatrice du gite une route sympathique et pas trop longue pour aller plus loin. Aucune idée, me dit elle. Je la trouverai moi même en scrutant ma carte michelin.
Giligomarch, les Roches du diable, après on verra. Ce matin ça va pas trop mal mais l'incertitude demeure. La route est jolie, les rencontres agréables. je n'avance pas beaucoup. Par précaution je taille un bâton au bord de la route, puis je m'entraîne à soulager la jambe droite sans trop charger la gauche. Je tombe sur des militaires à l'entrainement. Ils n'ont pas encore compris comment ça marche. C'est plutôt crêve d'ailleurs!Casse croute léger au bord de l'Ellé. J'arrive ensuite à Boninjard, jolie chapelle et calvaire original. Le mien commence à l'entrée du Faouet. Interminable. La jambe tire. Le gite est à 3kms du bourg. Heureusement on vient me cueillir, mauvaise pioche, Le Faouet. Belles halles mais commerçants excécrables... L'hôtesse est serviable, le gite sent le curry ou la fosse. je suis sceptique. Nuit affreuse, l'autre locataire du gite ne supporte sans doute pas que je dorme chez lui. Nuit sans sommeil. La cheville ne dort que d'un oeil et crisse au lever.
jeudi 22
Je suis la ligne, je suis sur la ligne,ainsi la nomment ceux qui l'habitent. Intarissables. Les destinations, les heures, la carte et le territoire, tout, ils veulent tout me dire. En contrebas, les champs, la rivière. la friche gagne, les maisons croulent, ils s'accrochent... à leur ligne. Le temps s'étire. J'en oublie ma jambe. J'irai au bout maintenant je le sais. Enfin, Port de Carhaix. Au confluent de la ligne et du canal. Magique. Mais la ruine guette. Maisons à vendre. jamais achetées...gite d'étape, l'ancienne école, racheté à la commune. Un jeune homme le tient, à bout de bras, comme Sisyphe. Ca marche. Vieilles Charrues obligent. 4 cyclistes finissent leur tour du Finistère. Comme 13 ans auparavant. L'apéro avec eux. Je me couche seul dans le bazar d'à côté. Excellente nuit.
vendredi 23
Départ longtemps après l'aube. Cause : échanges du matin. Tout n'était pas dit. Rosée en gelée, canal magnifique. Carhaix. La ville. Café prolongé. Le monde. Je snobe la grande surface, Poullaouen est si proche. Du moins je le crois.12 kms plus tard, tout est fermé ou pas encore ouvert.Un bout de sardine, un café, je file. Désormais le bâton épouse mon pas. Nouvelles rencontres, en rafale, surplace à nouveau.Un très vieil homme, avec sa dame, il porte les mêmes chaussures que moi, en neuf.
Un demi-course, tenu par un homme penché sur l'Aulne. un vélo couché. Je veux le même, en noir. Echanges, au revoir. C'est décidé ce soir,ville, hôtel, restaurant. Huelgoat, en lisière des monts d'arrée, a le profil. Un peu de soleil dans l'eau froide me fera du bien...mais..Le téléphone sonne. Mon petit frère fête ce soir son 47è anniversaire.Mon cadet vient me chercher. Gare de Scrignac. avec un pain au chocolat.
samedi 24
dimanche 25
Midi. Le Cloître St Thégonnec et son musée du loup. Pas l'ombre d'un banc. C'est jour de kig ha farz, mais trop tard! Je m'endors à l'ombre du calvaire en attendant Claire, Marion et ses amis.Il nous reste 18 kms. Arrêt à Plourin pour une petite parenthèse sur les enclos paroissiaux. Et, dernière surprise, nous atteindrons Morlaix par la ligne, en débouchant sous le viaduc, via ferrata!
J'y suis, et pas tout seul. J'ai rejoint ma famille. Je passe dire bonsoir à mes parents. Je suis venu les voir à pied, depuis chez moi. Content.
salut JP.tu t'es évadé! et ces vieilles douleurs de st- Genou.allez, courage!
RépondreSupprimerVincent--
vincent je découvre tes commentaires qui restent bloqués en attente de modération... même là je suis blogué...non bloqué!
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